jeudi 16 janvier 2020

Images indélébiles - La nuit du chasseur

Il y a des images qui marquent de façon indélébile notre mémoire cinématographique. 
La nuit du chasseur (1955)
Charles Laughton


Film unique, inclassable, sans équivalent, sans filiation ni descendance, La nuit du chasseur est le seul film de Charles Laughton qui nous offre là une pépite scintillante au noir et blanc soyeux comme du velours.

Comme le Jean Cocteau de La Belle et la Bête, Laughton était avant tout un poète. Mais ce n’était pas un cinéaste. S'il avait parfaitement son film en tête, il ne possédait pas la technique pour le réaliser. Il lui a donc fallu innover aidé en cela par une formidable équipe de techniciens,  même si personne parmi eux n'avait une idée précise du film qu'ils étaient en train de faire. C'est pour cela que formellement La nuit du chasseur est aussi hétéroclite.

Le film a été un échec critique et public aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en particulier France. François Truffaut a eu par exemple la dent assez dure à l'encontre du film. Mais alors qu'il l'assassinait dans la revue Arts, il demandait à  André S. Labarthe de le défendre dans Les cahiers du cinéma.

Cet échec découragera C. Laughton d’entreprendre un second film.

Si Charles Laughton a pensé à Gary Cooper et Laurence Olivier pour le rôle du faux révérend, on imagine mal aujourd'hui comment un autre que Mitchum aurait pu traduire son côté inquiétant et bouffon.
 
 Les critiques ont classé La Nuit du chasseur 71ème dans la liste des 500 plus grands films de tous les temps. Et ce film fait partie de la liste du British Film Institute des 50 films à voir avant l’âge de 14 ans.



Un prédicateur fou d’argent et de haine, incroyable Mitchum, apprend d’un de ses co-détenus qu’il a dissimulé le produit d’un vol  chez lui. Ce faux  pasteur va traquer les deux enfants de cet homme, John et Pearl qui a caché l’argent dans sa poupée. L'homme à la soutane, spécialisé dans le meurtre des veuves éplorées, retrouve la trace de deux bambins et de leur mère

Willa (Shelley Winters), bientôt transie d'amour. Au village, la figure de ce prêcheur qui exhibe sur ses phalanges les mots "Amour" et "Haine" fait illusion. Il épouse puis tue leur mère. Désormais seuls au monde, entre peur et courage, les deux enfants s’enfuient comme dans les contes de notre enfance.  Ils fuient ce monde aveuglé et descendent en barque la rivière devenue soudain mystérieuse et inquiétante, sinueuse et magique, sous une voûte étoilée, et au milieu d’un étrange bestiaire...  

Jamais on n’a approché d’ aussi près les cauchemars des nuits de notre enfance.

Secours et danger, Bien et Mal, amour et haine, jour et nuit, vie et mort, jeunesse et vieillesse… C’est en reliant tous ces thèmes que ce film rejoint les plus grands contes.

Cette nuit est définitivement unique.
   








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