Affichage des articles dont le libellé est images indélébiles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est images indélébiles. Afficher tous les articles

samedi 20 août 2022

Images indélébiles - Music lovers -Ken Russel



Il y a des images qui marquent de façon indélébile notre mémoire cinématographique. 
Music Lovers 1970
de Ken Russell
avec Richard Chamberlain et Glenda Jackson
 
 Si un grand film est un film dont on se souvient des années, voire des décennies plus tard, alors Music Lovers est un grand film. Je l'ai vu au cinéma ''Le Paris'' à Nice en 1970. Son titre français était: ''La Symphonie pathétique ou la vie passionnée de Tchaïkovski''. J'étais assis derrière deux jolies grand-mères aux cheveux gris-bleutés permanentés. Elles étaient venues voir les ballets du Bolchoï, elles sont ressorties comme revenant de l'enfer.

Music Lovers est  le film-phare du cinéaste le plus fou, le plus baroque qui soit. Ici C'est Tchaïkovsky qui passe à sa moulinette. (Mahler et Liszt suivront avec moins de flamboyance...).
  
Si le génie du musicien est évoqué, en particulier dans une très percutante séquence où il joue son concerto pour piano n°1, c'est surtout dans son homosexualité refoulée et ses tentatives désespérées d'aller vers la "normalité" en épousant une de ses admiratrices que Russell puise, avec comme point d'orgue une très paroxystique scène, à base d'alcool et d'impuissance sexuelle, dans le compartiment d'un train ...  Si vous voulez de l'ellipse, du grotesque assumé, de l'excessif, de l'outrancier, du barje inspiré, de la virtuosité technique vous serez comblés au-delà de vos espérances. Richard Chamberlain y trouve le rôle de sa vie et on se rend compte combien il a été sous-employé dans sa carrière. Quant à  Glenda Jackson, actrice oubliée aujourd'hui, elle est tout simplement prodigieuse! 



jeudi 16 janvier 2020

Images indélébiles - La nuit du chasseur

Il y a des images qui marquent de façon indélébile notre mémoire cinématographique. 
La nuit du chasseur (1955)
Charles Laughton


Film unique, inclassable, sans équivalent, sans filiation ni descendance, La nuit du chasseur est le seul film de Charles Laughton qui nous offre là une pépite scintillante au noir et blanc soyeux comme du velours.

Comme le Jean Cocteau de La Belle et la Bête, Laughton était avant tout un poète. Mais ce n’était pas un cinéaste. S'il avait parfaitement son film en tête, il ne possédait pas la technique pour le réaliser. Il lui a donc fallu innover aidé en cela par une formidable équipe de techniciens,  même si personne parmi eux n'avait une idée précise du film qu'ils étaient en train de faire. C'est pour cela que formellement La nuit du chasseur est aussi hétéroclite.

Le film a été un échec critique et public aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en particulier France. François Truffaut a eu par exemple la dent assez dure à l'encontre du film. Mais alors qu'il l'assassinait dans la revue Arts, il demandait à  André S. Labarthe de le défendre dans Les cahiers du cinéma.

Cet échec découragera C. Laughton d’entreprendre un second film.

Si Charles Laughton a pensé à Gary Cooper et Laurence Olivier pour le rôle du faux révérend, on imagine mal aujourd'hui comment un autre que Mitchum aurait pu traduire son côté inquiétant et bouffon.
 
 Les critiques ont classé La Nuit du chasseur 71ème dans la liste des 500 plus grands films de tous les temps. Et ce film fait partie de la liste du British Film Institute des 50 films à voir avant l’âge de 14 ans.



Un prédicateur fou d’argent et de haine, incroyable Mitchum, apprend d’un de ses co-détenus qu’il a dissimulé le produit d’un vol  chez lui. Ce faux  pasteur va traquer les deux enfants de cet homme, John et Pearl qui a caché l’argent dans sa poupée. L'homme à la soutane, spécialisé dans le meurtre des veuves éplorées, retrouve la trace de deux bambins et de leur mère

Willa (Shelley Winters), bientôt transie d'amour. Au village, la figure de ce prêcheur qui exhibe sur ses phalanges les mots "Amour" et "Haine" fait illusion. Il épouse puis tue leur mère. Désormais seuls au monde, entre peur et courage, les deux enfants s’enfuient comme dans les contes de notre enfance.  Ils fuient ce monde aveuglé et descendent en barque la rivière devenue soudain mystérieuse et inquiétante, sinueuse et magique, sous une voûte étoilée, et au milieu d’un étrange bestiaire...  

Jamais on n’a approché d’ aussi près les cauchemars des nuits de notre enfance.

Secours et danger, Bien et Mal, amour et haine, jour et nuit, vie et mort, jeunesse et vieillesse… C’est en reliant tous ces thèmes que ce film rejoint les plus grands contes.

Cette nuit est définitivement unique.
   








mercredi 31 mai 2017

Marianne de ma jeunesse - Marianne, meine jugendliebe

 
H. Bucholz v/s P. Vaneck



 

















Marianne de ma jeunesse est un film franco-allemand réalisé par Julien Duvivier et sorti en 1955. Deux versions ont été tournées en parallèle.
Dans la version française c’est Pierre Vaneck, dont c’est le premier grand rôle au cinéma, qui incarne Vincent. C’est Horst Bucholz, dont c’est également le premier grand rôle, qui incarne Vincent.
Ce procédé de double tournage était fréquent dans les années 30 et a plus ou moins perduré jusqu’en 1960.

C’est le cas de ce film.

Au bord d'un lac bavarois, le château d'Heiligenstadt abrite un pensionnat pour des adolescents quelque peu délaissés par leur famille. L'arrivée de Vincent Loringer, ’’l’argentin’,’  Français mais vivant en Argentine, apporte un souffle d'exotisme qui tire de sa routine la morne communauté. Il se laisse entraîner un soir dans une expédition de l'autre côté du lac, dans un château prétendument hanté, par les "Brigands", une bande de collégiens avides d'aventures initiatiques et sauvages. Abandonné sur place par le groupe qui a pris peur, Vincent ne rentre à Heiligenstadt que le lendemain, totalement transfiguré. Il avoue à Manfred, son seul véritable confident, avoir rencontré dans le château hanté une merveilleuse jeune femme, Marianne. Elle serait prisonnière du "Chevalier", sinistre barbon, et de son domestique, brute patibulaire flanquée de deux dogues. Vincent ne vit plus que pour sa Belle prisonnière, rejetant aussi bien les rites infantiles des "Brigands" que les avances de Lise, la nièce du directeur. 
Au cours d'une nouvelle escapade, Vincent retrouve Marianne et ce qu'elle lui annonce l'atterre: le Chevalier va l'épouser le soir-même. Assommé et jeté dehors par le valet, il est sauvé par Manfred, mais quand les deux garçons retournent dans le château, celui-ci est désert. Vincent va donc quitter Heiligenstadt car il n'a désormais plus qu'un but dans la vie: retrouver son amour perdu, quitte à aller jusqu'au bout du monde.

Julien Duvivier nous plonge dans un récit d’un romantisme échevelé, propre à enflammer les cœurs et les reins des adolescents. 

On peut y trouver des références au Grand Meaulnes avec le château perdu dans l’ambiance brumeuse des lacs et forêts de Bavière, la mystérieuse fête au village où Vincent aperçoit Marianne sans pouvoir la rejoindre On peut penser aussi aux Disparus de St Agil et surtout à Cocteau et à son château de la Bête. 

Esthétiquement irréprochable avec ses décors grandioses, son cadre bucolique respirant l’innocence et sa photographie chatoyante, le film de Duvivier a su charmer le public de l’époque qui en fit un grand succès.
La belle Marianne Hold a face à elle Pierre Vaneck et Horst Bucholz.
A l’époque j’avais vu les deux versions et mes 10 ans avaient été tétanisés par Horst Bucholz…
Je vous propose ici deux versions d’une même scène.
A vous de juger…




dimanche 23 avril 2017

Images indélébiles - Excalibur -John Boorman

Film culte s’il en est. Précipitez-vous pour le voir si ce n’est déjà fait, sinon revoyez- le…
La légende arthurienne à son plus haut niveau. Beauté des images, virtuosité de la mise en scène, souffle épique, violence des passions, quête initiatique … Tout y est !