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samedi 17 février 2018

Tentative d'auto portrait

 
Plus enveloppé qu’anorexique, plus bœuf bourguignon que nouvelle cuisine, plus sensuel que sexuel, plus **** que camping sauvage, plus cocooning que jogging, plus épices du Sud que chlorophylle du Nord (mais ça peut changer selon la localisation), plus œuf en chocolat que tablettes de chocolat (chez moi, mais chez les autres c'est autre chose…), autant Dalida que Gloria Lasso, plus velours que cuir, plus intro qu’extra, très Baudelaire puis Apollinaire, plus Truffaut que Godard, plus Callas que beaucoup d’autres, absolument Marylin, plus Bordeaux que Contrexéville, plus croyant que religieux, plus dort à gauche que dort à droite, plus de gauche que de droite, plus dextre que senestre mais ambidextre quand il le faut, plus maternant que materné, mais plus faible qu’on ne le pense,  plus exigeant qu’intolérant, mais parfois je m’en foutiste, plus grincheux aujourd’hui qu’hier, plus de blessures que de cicatrices, meilleur ami qu’amant, solitaire mais pas seul…
 
Je pardonne parce que je m’en fous.
J’ai trois maladies : la timidité, la pudeur, la politesse.
J’ai tendance à croire que parce que je combats une idée fausse, la mienne est juste.
J’ai de l’affection pour les choses qui ont été.
Ai-je plus de nerfs que de tête ? Ou l'inverse? C'est selon.
Chaque fois que j’ai été plus égoïste, j’ai été plus heureux.
Si je n’aime pas les départs, j’aime partir et si j’aime les arrivées je n’aime pas les retours.
Je t’aime, mais je m’aime davantage.
J’ai toujours préféré les crépuscules.
Je suis de l’étoffe dont mes rêves sont faits.

jeudi 8 février 2018

Avec le temps



La vie, le temps se chargent de l'amitié et de l'amour. Dès notre naissance nous savons que tout est fugitif. Pourquoi les amis et les amours échapperaient-ils au mouvement ?
De ''Qu'un véritable ami est une douce chose'' au ''Parce que c'était lui, parce que c'était moi'' on a beaucoup écrit sur l'amitié. De Dante et Béatrice à ''l'Eternel Retour'' on a beaucoup rêvé de ces amours passionnées, mais malheureuses! Sinon sans intérêt.
Chateaubriand disait: ''L'amour est fugitif, coupable ou malheureux''.
Je pense que nous ne sommes faits ni pour l'amitié, ni pour l'amour. Je ne dis pas qu'ils n'existent pas, mais nous ne savons pas gérer.
Notre lot c'est la solitude. Et c'est cette solitude que nous cherchons à combler par les sentiments. La Nuit de décembre de Musset exprime cela magnifiquement. Tout au long de sa vie le poète a eu près de lui un ami ''vêtu de noir qui (lui) ressemblait comme un frère''. La solitude. Sa solitude.
J'ai aimé, j'ai eu des amis! J'en ai encore quelques uns. Des amours mortes et des amis partis je ne garde ni tristesse, ni même amertume. Est-ce le résultat d'une sagesse accumulée avec les années ? Je ne pense pas. Etre un vieux sage n’a jamais empêché d’être un vieux con !  Avec le recul je pense que ces vies que nous croyions communes, partagées, n'étaient en fait que parallèles. On ne s'en rendait pas compte jusqu'à ce qu'elles divergent.
Mais au bout du compte, j’ai été, je suis et je demeure heureux!

mardi 9 mai 2017

Souvenirs d'Afrique - 4



C'était ma première action professionnelle. Je m'en souviens encore.
A huit heures je suis sur le port. Les containeurs sont descendus du bateau. Le douanier est là. Contrôle de la conformité de ses documents et des miens! C'est bon! On ouvre le premier containeur: conserves, produits d'entretien... Un Fenwick sort les palettes, les charge et zou direction le magasin. On ouvre le deuxième. Un petit millier de bouteilles d'eau minérale. Et le drame se met en marche. Inattention, effet de la bière locale malgré l'heure matinale? Le Fenwick s'avance un peu trop vite, les fourches un peu trop hautes. C'est comme un coup d'épée dans l'eau. Les cris commencent à monter. Le conducteur affolé recule un peu vite ébranlant la palette sur ses bases. L'eau gicle, les bouteilles se vident, la base s'effondre entraînant dans sa chute six étages de packs d'eau. Je suis là pétrifié, bras ballants. Je suis arrivé il y a à peine 48h et rien dans mes études de droit ne m'avait préparé à une telle situation. Une petite foule entoure maintenant le Fenwick et la palette eventrée. Les commentaires fusent à un haut niveau de décibels, les bras moulinent et quelques bouteilles d'eau disparaissent. Sur sa machine le conducteur semble vouloir expliquer que c'était pas les fourches qui étaient trop hautes mais plutôt la palette qui était trop basse. Heureusement le douanier est là. Il crie lui aussi mais semble connaître le nom, les ascendants et descendants de tout le monde et quand il ne connait pas , il tape avec sa règle. Le calme revient peu à peu. Le douanier ne m'a jamais vu.
''Vous venez d'arriver?'' ''Oui!'' ''Venez on va arranger ça.''
Une heure après le constat d'assurance est fait. Une palette et ce qui reste de la seconde sont chargés et je retourne au magasin. J'explique au directeur. Il n'a pas l'air particulièrement heureux mais pas plus surpris que ça non plus; Comme si il en avait vu d'autres.
''Vous avez fait un constat?''
''Bien entendu'' dis-je avec force des fois qu'il me prendrait pour une bille!
J'en ai brusquement marre de cette journée.
Vivement dimanche et le cap Esterias!
A la fin de la journée un magasinier m'apporte une boule noire avec de grands yeux verts qu'il vient de trouver dans les réserves. C'est une petite chatte. Miou Miou.

mercredi 3 mai 2017

Souvenirs d'Afrique - 3



Travailler dans un supermarché est bon poste d'observation. Surtout dans une micro société d'à peine quelques centaines d'expatriés. C'est une sorte de salon où on se rencontre et où on cause. On apprend très vite à reconnaître les ''têtes'', à savoir qui est qui. ''Elle, c'est la femme de l'ambassadeur de France. Très classe et très simple. Tu verras la réception du 14 juillet à la Résidence; ça vaut le coup. Son mari est incontournable ici. Rien d'important ne se fait sans lui. La blonde superbe là c'est la femme de X...le numéro deux d'Elf Gabon. Elle a 25 ans de moins que lui. C'est une ogresse. Elle adore la chair fraîche. Mais faut assumer paraît-il! Lui, c'est le concessionnaire de Renault Gabon. Gaffe! C'est un pédé. Mais je te rassure (clin d' oeil graveleux) t'es un peu vieux pour lui. Le joli petit lot là c'est la fille du directeur de l'Union Gabonaise de Banque; 18 ans et très chaude! Je te la présenterai dimanche à la pointe Denis.'' ''??'' C'est la plage de Libreville''




 et ainsi de suite Pierre continuait les présentations; Le patron du ''Komo'' la boîte de nuit incontournable le samedi soir. Le grand noir c'est le directeur des douanes. TRES important. Faut le soigner. On passe une partie de nos journées à l'aéroport à réceptionner les vivres frais ou sur le port à décharger des containeurs de cam. Pour lui y a jamais de rupture de stock d'huile, de beurre ou de lait...Lui c'est le forestier. Il vient tous les 15 jours avec son avion faire le ravitaillement. Et puis il y a tous les autres dont on fait connaissance au jour le jour :'' Dites moi Renaud, Il n'y a plus de couches bébé anti fuites! Paatrron, Y a pus de suc'e en poud'e? Renaud! Quand vous passerez votre commande de disque vous pouvez me commander le dernier ''Il était une fois'' ; Monsieur Renaud, on vient de prendre madame à la caisse. Elle avait dix boîtes de lait concentré sucré dans son boubou!!...

Un supermarché c'est aussi un bon poste d'exposition. On y est vite repéré, d'autant plus qu'on savait que vous deviez arriver et qu'on adore les nouvelles têtes. ''Ainsi c'est vous qui allez vous occuper du ''bazar''. Hahahaha!!'' ''Bonjour je suis une amie de Jean Pierre et M.J. Ils ont adorables non? Il faut que vous veniez diner avec eux un soir.''
''Bonjour Monsieur! Je suis madame C...Je suis la femme du délégué général de la Scoa pour l'Afrique Equatoriale.''
Dans la hiérarchie de ma société y a pas mieux. Elle est grande, brune, un impeccable chignon noir avec quelques cheveux gris qu’elle doit conserver volontairement! Elle a raison. Cela accentue un peu son côté ''maîtresse sévère''. On devine qu'elle a l'habitude de donner des ordres et qu'elle doit savoir se faire obéir. J'espère que cela ne dépasse pas le cadre de sa maisonnée et de sa domesticité.
''Je crois que vous rencontrez mon mari en fin d'après midi. Très bien! Mais cela n'est pas mon objet. Je me fais un devoir et un plaisir de recevoir les nouveaux arrivants de notre société. Je serais ravie de vous avoir à diner, disons...samedi prochain? Je fais une petite soirée bridge autour d'un buffet dans les jardins de la concession. Entre nous! Cinq tables simplement. Mais il y aura tous ceux que vous devez connaître à Libreville. Vous jouez au bridge bien entendu?''
Elle avait dû lire mon dossier et penser qu'un beau nom bien ronflant devait impliquer une bonne éducation (ce qui était le cas) incluant une bonne pratique du bridge (ce qui n'était pas le cas).
''J'ai un peu joué au bridge quand j'étais étudiant! Mais mon niveau reste très moyen.''
''Ne soyez pas modeste. Vous serez mon partenaire. Vous verrez nous nous en sortirons très bien.''
Des gouttes de transpiration glacées par la climatisation glissent sur mon dos. Je savais que cette soirée n'aurait que peu de rapport avec l'arrière salle enfumée du café où je tapais le carton avec mes copains de fac à Nice. J'étais loin du compte.
'' Bon c'est dit; il faut que j'y aille. J'espère que votre installation se passe bien. S'il vous manque quoique ce soit...Au revoir à samedi.''
''Mes hommages madame''. Je réserve le baise main pour la soirée. Je décide de forcer sur l'éducation pour essayer de compenser le bridge.


Et Pierre: ''Ca y est? Tu t'es fait alpaguer par la mère C...On est tous passés par là; mais nous on n'a pas dit qu'on jouait au bridge. C'est juste un moment à passer mais tu boufferas bien. Et elle te foutra la paix après. Et rassure toi son mari est très agréable. Bon passons à autre chose. Demain matin tu vas au port surveiller le déchargement de 2 containeurs. Le dédouanement est fait, il faut juste surveiller le transbordement sur les camions.''
C'était ma première action professionnelle. Je m'en souviens encore.

vendredi 28 avril 2017

L'Afrique - Libreville





Je sors de l'avion. En haut de l'échelle je suis agressé par la chaleur, elle me tombe sur la nuque, le cou, le dos! Comme le vent qui fait diminuer sur la peau la température de 4 à 5°, l'humidité doit augmenter d'autant la sensation de chaleur. La fraîcheur climatisée de l'avion nous reliait encore à Paris. Là c'est fini. On sent que l'équateur est à moins de 100 kilomètres au sud. Mon pantalon ''demi-saison'', mon pull, mon blouson me collent à la peau. La carnation de blond de mon normand de collègue vire vite au rouge; je pense qu'il devra faire attention au soleil. On retrouve une relative fraîcheur dans l'aérogare! Les formalités bagages et douane passées, on se retrouve dans le hall. Dans la foule assez importante (j'apprendrai que l'arrivée de l'avion de Paris est toujours un petit événement dans la communauté française) des personnes des pancartes sur la poitrine avec des noms de personnes, de sociétés, d'hôtels. Je remarque la pancarte ''Score''. On s'approche. Il se présente Bernard L. directeur du magasin. 45 ans, grand mince, petite moustache, pantalon gris, chemise blanche à manches longues, poignet ''mousquetaire'' boutons de manchette cravate bleue. On se décline à notre tour!! ''Bon voyage? Pas trop fatigué? Ca change du climat de Paris hein?'' Là, moi j'aurais dit ''Non?''. C'est un détail mais j'ai toujours été très ''à cheval'' sur ces détails!! comme disait ma grand mère en parlant des principes moraux ou ménagers.
''Venez, ma voiture est au parking''. C'est une grosse Peugeot. Normal ! La société qui vient de nous engager représente la ''Pigeot'' en Afrique. C'était avant l'arrivée des japonaises; cela pour situer l'importance du marché.
Durant le trajet jusqu'à Libreville: '' La Scoa a racheté toute la chaine des Prisunic de l'ex AOF et AEF (Afrique occidentale et équatoriale française) et va la transformer en super et hypermarchés sous le nom de ''Score''. 


''Vous avez une idée de ce que peut être le travail dans ce type de magasin?''. ''Non?''. Vous vous y mettrez dès demain matin! C'est pas sorcier mais y a des trucs à savoir.'' '' Vous avez déjà vécu en Afrique? Vous Renaud oui? Quand ça? 58/59?? Hou la la!! Ca a bien changé!! Oubliez tout!! Ils sont in-dé-pen-dants!!''
''Maintenant je vais vous amener chez vous. Vous êtes logés dans un petit immeuble à côté du magasin. Tout le personnel expatrié y habite. Sauf moi j'ai une villa, une concession. Vous verrez c'est sympa.'' En mon for intérieur je dodeline de la tête!!
''Je suis désolé de ne pas vous avoir à la maison ce soir. Mais ce sera pour très bientôt! Ce soir vous dinez chez les S... Jean Pierre et Marie Janick. Lui s'occupe du rayon ''vivres frais''. Il y aura aussi les B... Pierre et France. Lui c'est le rayon ''alimentation''. Jacques le boucher sera là aussi. Sa femme doit arriver bientôt! Je pense Renaud que vous vous occuperez du rayon ''Bazar'' et vous Daniel du ''textile''. Je sens, sur le siège arrière, Daniel dodeliner un max. En son for intérieur!!
Arrivés à notre immeuble on monte, façon de parler on est au rez de chaussée, les valises dans nos appartements! Bernard L. va nous présenter aux S...Ils habitent au premier . Les B... aussi. On doit monter dans les étages comme dans une hiérarchie. A l'ancienneté!! Marie Janick S... nous ouvre. Elle est belle grande, blonde, on devine qu'elle doit être mince, mais là elle est enceinte de 7 mois au moins. Son mari a la carrure d'un rugbyman, une démarche lente d'un ours, mais à mon avis il ne doit pas faire bon être sur son chemin quand il accélère; très noir de poil cheveu et barbe, un léger accent du sud-ouest et un œil qui rigole. Tous les deux entre 25 et 30 ans. Les présentations faites notre directeur s'en retourne vers sa concession. Marie Janick :'' Si vous avez besoin de quoique ce soit n'hésitez pas à me le demander. Allez vous mettre à l'aise, on se retrouve dans une heure.'' Daniel et moi on s'en retourne chez nous.
Mon chez moi c'est un deux pièces. Quand on a dit ça on a tout dit. Une chambre, un salon avec une baie vitrée donnant sur un petit balcon, une petite cuisine et une petite salle de bains. Le tout meublé à minima. Un lit, une paire de drap, une armoire dans la chambre. Dans le salon un canapé, une table basse, deux fauteuils, le siège et le dossier en fil plastique rouge du genre à laisser sur les cuisses et le dos des marques indélébiles pendant 12 heures au moins, une table et 4 chaises. Dans le buffet tout en 4 exemplaires : verre, assiette, couteau, fourchette. Dans la cuisine un évier, une plaque électrique, un frigo rempli de l'essentiel: une bouteille d'eau. Dans la salle de bains une serviette de toilette. Je me dis que je dois penser à acheter du PQ demain. Je retourne dans la chambre pour mettre mes petites affaires dans le placard. ''Faudra aussi penser à acheter des cintres me dis je in petto'' Mais je suis content, je n'en ai jamais eu autant pour moi tout seul!!
Une heure après, douché, parfumé (Green water de J. Fath acheté au duty free d'Orly) Je sonne chez les S... Je suis le dernier. Les B... sont là. Pierre, beau garçon au physique avantageux, moustache et petite barbe à la mousquetaire, très sur de lui, très homme a femme! On en reparlera dans 5/6 ans... France sa femme, une franco américaine, un physique à la Shirley mc Laine, drôle, agréable. Et Jacques le boucher. Un physique de... boucher! J'aime pas dire ça, mais rien d'autre ne m'est venu à l'esprit, mais marrant, bon vivant! Il aurait dû en profiter un peu plus!!!
Après avoir donné des réponses sans intérêt à des questions qui n'en avait pas plus, la discussion s'est vite recentrée sur des problèmes de boulot et sur les faits et gestes de telle ou tel, grands classiques d'une micro société vivant en vase clos! Daniel et moi sommes exclus de ces discussions! La tête me tourne, je suis fatigué! Je me lève, m'excuse. Bonsoir, bonsoir! Oui demain 8 heures au magasin. Bisous France, Bisou M.J. Merci beaucoup! Je sors. Arrivé chez moi je reste planté 10 secondes au milieu du salon. Pas sur d'avoir donné une très bonne image de moi ce soir. Je sens une drôle d'odeur sur moi. J'approche ma main de mon nez. Oui en effet! Ma chemise. Pas de doute. Une légère odeur de poisson pas trop frais. Green water n'a pas supporté le voyage ni ma transpiration sub-tropicale. Il a tourné. Et merde! Je verrais ça demain. Je tombe sur mon lit et m'endors aussitôt.
Le lendemain matin 7 heures. Réveil. Je vais dans le salon, ouvre la baie vitrée, remonte les volets. Plein soleil. Je fais un pas sur le balcon. Devant moi un jardin avec 2 frangipaniers, plus loin la route, plus loin les palmiers, la plage, la mer.