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mercredi 18 janvier 2023

Ithyphallophobie???

 

Il y a des mots qui semblent très compliqués pour ne pas dire incompréhensibles… Ithyphallophobie est de ceux là ?

J'ai voulu en savoir un peu plus et j'ai ouvert mon, indispensable, Robert historique de la langue française. Et je suis parti pour un petit voyage amusant et instructif.

Je suis d’abord tombé sur ''ithyphalle'' qui m'a renvoyé au mot ''phallus''. On est déjà en pays de connaissance. Voyons la suite...

Phallus a remplacé entre le XVIème et XVIIème siècle, les mots fallot et phalle, formes francisées adaptées du grec et du latin. C'est un emprunt au latin phallus qui désignait la représentation du membre viril portée dans les fêtes de Bacchus; l'organe viril lui était désigné au moyen de fascinum(du groupe ayant donné fasciner. Je suis assez d'accord...), penis et pudenda ''parties honteuses'' (du groupe de pudeur. Gamin mon confesseur m'en parlait parfois...des parties honteuses...). Le mot latin est repris du grec phallos, lui-même très rarement employé avec son sens le plus ancien de ''pénis en érection''; presque toujours ce terme désigne une représentation matérielle du pénis érigé, notamment pour les fêtes de Dionysos. Le mot est d'origine populaire et on le rapproche d'un substantif d'origine thraco-phrygien ballion.Vous ne voyez pas le rapport? Eh bien tous les deux se rattachent à un groupe étendu de mots indo-européens signifiant littéralement ''se gonfler''. Capito ?

En français, à partir du XVIIIème siècle, l'usage de phallus répond pour l'essentiel aux mêmes valeurs symboliques qu'en grec et en latin: il, je cite, ''désigne la représentation du sexe masculin en érection et , dans le cadre conceptuel de la psychanalyse freudienne, le pénis en tant que symbole ou objet partiel, défini par Lacan comme le signifiant du manque constituant de la condition structurale du désir''…. Vous pouvez répéter la question ??? Y a-t-il un lacanien dans la salle?? Quant à moi je ne pourrai plus jamais regarder mon zizi du même œil !!

Je passe sur tous les mots dérivés de phallus. Vous êtes peut-être un phalliste, un phallaciste , un phallocrate atteint de phallocentrisme, obsédé d'images phalliques ou collectionneur d'objets de forme phalloïde (les amateurs de champignons attention..)

Et j'en arrive à donc à ithyphalle. Mot composé de ithus ''droit en hauteur'' et de phallos. Vous y ajoutez phobie (du grec phobos: panique, effroi, peur irraisonnée) et on se retrouve au point de départ. Etonnant non?…

L'ithyphallophobie est donc la peur de voir un (son) sexe en érection !!!

Y en a vraiment qui sont prêts à tout pour se rendre intéressants... Vous en connaissez beaucoup des ithyphallophobes? Moi pas. Ce serait plutôt le contraire...




jeudi 12 janvier 2023

Epanalepse. C'est quoi ça. Juste une figure de rhétorique...

 

La figure de rhétorique est une forme particulière de langage qu'on emploie pour donner plus de vivacité, plus de relief à l'expression de la pensée. Sont des figures de rhétorique, entre autres, la métaphore, la litote, l'antithèse, l'oxymore, l'allégorie, la parabole, l'ironie, la prosopopée, l'hypotypose….

Une figure de rhétorique est souvent incompréhensible. Mais parfois il suffit juste d'une petite explication.  Aujourd’hui on va s’intéresser à ‘’Epanalepse’’ !!!

Imbittable me direz-vous ! Eh bien non !!! Si je vous dis qu’épanalepse vient, évidemment, du grec ancien ἐπανάληψις / epanálêpsis « répétition simple », tout devient clair, non ?

L’épanalepse est donc une figure de style qui consiste à reprendre littéralement un segment de phrase, un groupe de mots ou un terme. L'épanalepse est une répétition simple qui désigne un ensemble de figures secondaires caractérisées par des répétitions de termes ou de groupes de mots dans le même membre de phrase.

Ca y est, vous y êtes ? Non ? Pas encore ? Alors quelques exemples :

‘’Je l’ai vu de mes yeux vu, vu comme je vous vois’’…Epanalepse !

‘’L’homme est un loup pour l’homme’’… Epanalepse, oui, mais qui est là une variante de l’épanadiplose (on verra ça un autre jour si vous le voulez bien..)

« Ô triste, triste était mon âme
À cause, à cause d’une femme. » … Epanalepse – Verlaine ‘’Romances sans paroles’’.

On a donc compris qu’épanalepse n’est finalement qu’une simple répétition.

Un peu déçu ? Mais non mais non… Epanalepse est une figure de rhétorique à tiroirs. Si on les ouvre on voit surgir l’epizeuxe, la gémination, l’anaphore, l’épiphore, la pallilogie, l’antépiphore… Bon je vous laisse je suis brusquement pris d’un léger vertige…


jeudi 12 décembre 2019

Anagrammes - 6

La chute des corps
Chacun voit bien que les corps lourds tombent plus vite que les corps légers. Ce constat empirique dicte une loi de la chute des corps apparemment indiscutable. Pourtant, en 1604, un certain Galilée est venu la contester, expliquant qu’à rebours des observations ordinaires tous les corps tombent en réalité de la même façon, avec rigoureusement la même vitesse, quelle que soit leur masse. D’où vient que nous ne voyons pas les choses se dérouler ainsi ? De ce que la gravité n’est pas la seule force en présence dès lors que l’expérience ne se déroule pas dans le vide : s’ajoutent à elle des effets liés à la résistance de l’air, laquelle n’agit pas sur les corps lourds comme elle agit sur les corps légers. Voilà pourquoi les boules de pétanque n’ont justement pas l’air de tomber comme les balles de tennis. La véritable loi de la chute des corps est 
hors du spectacle.

L’Origine du monde, Gustave Courbet 
Peints sans apprêt, un ventre de femme au noir mont de Vénus obombrant l’entrebâillement d’un con rose, un drap blanc froissé, un téton encore tumescent. Tout laisse penser que le modèle vient de faire l’amour. On imagine la belle qui se laisse noyer, molle comme un pantin de son, les membres détendus, brisés. Elle repose, tandis que la foudre admirable s’éloigne d’elle. C’est le naufrage de l’après que Courbet semble avoir mis dans
 ce vagin où goutte l’ombre d’un désir 

L’Origine du monde
Religion du Démon

mardi 19 novembre 2019

Anagrammes - 5

 
Les paradoxes du chat beurré
Étant donné qu’un chat retombe toujours sur ses pattes et qu’une tartine beurrée s’écrase systématiquement sur le côté beurré, que se passerait-il si on laissait tomber un chat sur le dos duquel on aurait préalablement fixé une tartine beurrée ? Certains spécialistes pensent que le félin lévitera pour éviter de prendre parti ; d’autres parient que le souple quadrupède finira par imposer la loi de sa chute ; d’autres encore clament que la tartine ne saurait enfreindre la loi de l’emmerdement maximum qui lui colle à la peau ; enfin, il y a ceux qui expliquent que le comportement du chat et celui de la tartine sont si fondamentalement contradictoires que, associés l’un à l’autre, ils engendrent un certain nombre de paradoxes. Et, pour peu que l’alcool s’en mêle, leur résolution, toujours hasardeuse, devient vite un
aléa chaud d’experts bourrés.
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Jean-François Champollion, conservateur du département d’égyptologie au musée du Louvre
« Ce n’était plus la simplicité antique. Ce n’était plus la noble gravité des monuments pharaoniques. Rien que la décadence de l’art égyptien sous les Ptolémées. »
Ses travaux terminés à Edfou, Champollion alla reposer ses yeux, fatigués des mauvais hiéroglyphes et des pitoyables sculptures, dans les tombeaux de l’ancienne ville d’Éléthya. Ce samedi 28 février 1829, il fut accueilli par la pluie, qui redoubla pendant la nuit, avec tonnerre et éclairs. L’attendaient, dans un temple de la seconde enceinte, de magnifiques inscriptions en caractères hiératiques, qui ne renfermaient pas, comme on l’avait cru si longtemps, de hautes spéculations philosophiques, mais relataient tout simplement l’histoire du lieu.
À la lueur fauve d’un gros lampion dépoli, et gouvernant mon émoi, je décrypte des cartouches.
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Leonard Bernstein
L’art de bien sonner
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Roméo Montaigu et Juliette Capulet
ROMÉO, du verger.
« Adieu. Je ne perdrai jamais une occasion De t’envoyer mon salut, cher amour.
JULIETTE 
Oh ! penses-tu que nous nous reverrons ? »
ROMÉO
Écoute, je l’imagine, la mort peut tout.
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L’origine de l’Univers
L’Univers a émergé d’un lieu mystérieux, disent les récits cosmogoniques, un lieu illimité et fertile, une sorte de tohu-bohu où titubaient la matière, l’espace et le temps. Mais, curieusement, pas la lumière : ce monde avant la lettre baignait dans l’obscurité, jusqu’à ce que la nuit se retire pour laisser place au premier jour. Au commencement,  
un vide noir grésille.

mardi 12 novembre 2019

Les surprises de l'anacoluthe...

 
On connaît bien les injures du capitaine Haddock, et « anacoluthe » est l’une de ses favorites. Et pour cause. 
  Cette figure de style qui peut faire preuve de poésie et d’humour se montre quelquefois sous son plus mauvais jour, en s’offrant comme une vulgaire faute de construction syntaxique. Par son côté obscur, l’anacoluthe est parente du barbarisme, du solécisme et du pléonasme pour n’en citer que quelques-uns. Je convie à la rencontre de ces figures décomposées du langage. « Anacoluthes, iconoclastes, ornithorynques… » 
  Dans la bouche du capitaine, ça ne ressemble certes pas à un compliment. Alors que signifie une anacoluthe ? 
  C’est une rupture dans la construction syntaxique. ''Vingt ans après sa création, le saxophoniste a remonté son groupe de jazz.''
   Phrase on ne peut plus claire, personne ne se méprendrait sur son sens. Et pourtant la phrase est fautive. Le sujet de la proposition principale « le saxophoniste » doit être aussi celui qui est sous- entendu dans la première partie. Or, « vingt ans après sa création » se rapporte au groupe. Si tout le monde comprend parfaitement, pourquoi changer la phrase ? 
  Cela relève du style, si votre texte exige un style châtié, vous vous ferez un devoir de le corriger ; si vous êtes dans un registre moins classique, plus souple, rien de vous empêche de tolérer certaines anacoluthes. 
  Une des solutions pour les puristes serait de proposer : ''Vingt ans après la création de son groupe de jazz, le saxophoniste a décidé de le remonter.'' 
  Dans cette nouvelle version, l’ambiguïté a disparu.    
  ''D’abord mobilisé en 1918, son service militaire se poursuit à Saint-Nicolas-de-Port.'' 
  Dans cette phrase, on comprend que le service militaire est mobilisé en 1918. Nous nous ferons un devoir de la modifier. 
  ''D’abord mobilisé en 1918, il accomplit son service militaire à Saint-Nicolas-de-Port.'' 
  Pour corriger une anacoluthe, nous pouvons soit exprimer dans la proposition principale le sujet sous-entendu dans la première proposition. 
  Nouvelle anacoluthe : 
  ''Guerrier confirmé, aventurier mais fidèle, elle le savait craint pour sa bravoure.'' 
  Soit insérer un sujet dans la première proposition.   
  ''Alors qu’il était un guerrier confirmé, aventurier mais fidèle, elle le savait craint pour sa bravoure. La reine quitta son grand écuyer, qui resta perdu dans ses pensées. De retour dans ses appartements, une camériste se précipita vers elle, prévenante.'' 
  Deux problèmes se posent dans cette phrase. L’accord du participe nous laisse entendre que c’est bien l’écuyer qui reste « perdu dans ses pensées », mais, en cas de faute d’accord, aucune indication ne peut nous mettre sur la bonne voie. 
  Dans la seconde phrase, selon l’analyse grammaticale, c’est la camériste qui est de retour dans ses appartements. 
''La reine quitta son grand écuyer, lequel resta perdu dans ses pensées. Dès le retour de la reine dans ses appartements, une camériste se précipita vers elle, prévenante.'' 
  Mais on n’échappe pas à la répétition de la reine. Ou 
''Une camériste prévenante se précipita vers la reine quand cette dernière retourna dans ses appartements.'' 
Ce qui alourdit bien notre phrase, il faut en convenir. C’est la raison pour laquelle on jugera de la « gravité » de l’anacoluthe avant d’intervenir. L’exemple du saxophoniste, tout en étant fautif, aurait pu être laissé en l’état. On rencontre de très belles anacoluthes – n’oublions pas que c’est d’abord une figure de style – dans la littérature que l’on se gardera bien de changer : 
  « Et pleurés du vieillard, il grava sur leur marbre » La Fontaine. 
  C’est une fable sur trois jeunes gens qui provoquent un vieil homme sur son grand âge, et la morale donne raison au vieillard qui enterre les jouvenceaux !!!
  Voilà tout cela devait être dit. J'espère que vous êtes plus avancé(s) (Je doute de tout maintenant) que moi. Moi??? J'en retourne à Tintin et au capitaine Haddock... 

samedi 9 novembre 2019

Anagrammes ou le sens caché du monde 3

 
Dès son origine, l’anagramme fut un moyen d’interroger les noms mais aussi les préceptes des livres sacrés. La kabbale en fit grand usage, prêtant à cet art des vertus révélatrices. Le monde pouvait accoucher d’un démon.
Aux XVIe et XVIIe siècles, ce jeu savant s’immisça dans les cours d’Europe. Entre gens lettrés et courtois, il était de bon ton de trouver dans un nom propre une flatterie délicate ou une maligne satire. Thomas Billon, gentilhomme provençal, fut un fameux anagrammatiste. Il eut de Louis XIII une pension de douze cents livres pour amuser la Cour. 
Sa gloire dura sans échec jusqu’à ce que le poète Colletet y vînt porter atteinte par une moquerie, tenant « que tous ces renverseurs de noms ont la cervelle renversée ». Hélas, la sienne était trop bien d’aplomb ; l’histoire l’oublia. 
Galilée, quant à lui, communiquait sous forme d’anagrammes certaines de ses découvertes ; c’était là un moyen de s’assurer la priorité de ses observations tout en les entourant de mystère. Enfin, la coutume s’établit, pour les écrivains et les artistes, de signer leurs œuvres par l’anagramme de leur nom. Alors, l’anagramme ? Art divinatoire ? Art du compliment ? de la satire ? du secret ? En tout cas, une fiole de folie, c’est certain.
L’anagramme consiste à mélanger les lettres d’un mot, d’une expression, en vue de former un nouveau mot, une nouvelle expression. C’est ainsi que les tripes ne sont pas sans esprit, les morues sans mœurs, le pirate sans patrie, le sportif sans profits et l’étreinte sans éternité.
Les mots ont-ils leur propre vie, un sens caché qui pourraient nous révéler la vérité des choses. De renversantes les anagrammes peuvent devenir époustouflantes...
Les mots se joueraient-ils de nous ?

La vitesse de la lumière
La vitesse d’une particule dans le vide est toujours comprise entre zéro – la particule est alors immobile – et 299 792 458 m/s, la vitesse de la lumière, qui ne saurait être dépassée sans que cela contredise formellement les équations d’Einstein. Cette constante universelle de la physique
limite les rêves au-delà.
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Miguel de Cervantès Saavedra
Et Sancho allait cheminant et mangeant derrière son maître don Quichotte, très confortablement, et de temps à autre il levait sa gourde avec tant de plaisir que le plus raffiné des gargotiers de Málaga aurait pu l’envier. Et du moment qu’il allait ainsi multipliant les gorgées, il considérait comme de tout repos d’aller à la recherche des aventures, si dangereuses soient-elles », et
de cavaler au vent des mirages.
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Léonard de Vinci
La perfection n’appartient qu’à Dieu, vous diront les meilleurs tisserands musulmans. C’est pour cela qu’ils laissent toujours un petit défaut dans leurs œuvres. Léonard, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Chaque fois qu’il éprouve une curiosité, un intérêt, ça prend tout de suite les allures d’une folle passion. Plus rien ne compte, il suspend toute autre activité et n’a de cesse d’acquérir la plus grande maîtrise possible de sa nouvelle lubie. « Dites-moi, dites-moi, a-t-on jamais terminé quoi que ce soit ? » consigne-t-il dans ses carnets. Il déteste peindre à fresque, vite, sans repentir. Il se livre à des recherches infinies. Soif d’innover. Besoin de reconnaissance aussi. Beau comme un débauché, doué comme un diable, Léonard est blessé par le mépris où le tient sa ville, Florence. Oh, tous s’accordent à lui trouver du génie, mais à condition qu’il ne fasse pas autre chose que ce pour quoi on lui a passé commande. Du génie, à condition qu’il redevienne mortel !
Le don divin créa.
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Le sourire de Monna Lisa
Le soir donna sa lumière.
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Les Liaisons dangereuses
L’histoire d’un être, serpent devant l’Éternel, pris au piège de l’amour qu’il voulait feindre. Un moment-clé, lettre XXIII : le vicomte de Valmont voit à travers la serrure sa proie « adorable », Mme de Tourvel, à genoux, baignée de larmes, et priant avec ferveur. Quel dieu ose-t-elle invoquer ? En est-il d’assez puissant contre l’amour ? Et quelle est donc sa faiblesse à lui si, oubliant ses projets, il n’a d’autre plaisir que celui de considérer à loisir l’exemple de la candeur ? Cette nuit-là, Valmont dort mal. Il aperçoit le point du jour, espère que la fraîcheur qui l’accompagne lui amènera le sommeil. Mais il n’est pas de repos possible. Elles se sont refermées sur lui,
les ailes sanguines d’Éros.

mardi 22 octobre 2019

Paroles paroles encore des mots, toujours des mots, rien que des mots...


Saviez-vous que le premier sandwich fut servi en 1762 à lord John Montagu, comte de Sandwich, qui souhaitait pouvoir manger sans quitter sa table de jeu ? Que bien avant Romain Duris, les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle séjournaient dans des auberges espagnoles où l'on croisait déjà de très nombreuses nationalités ? Notre vie quotidienne est ainsi truffée de mots dont le nom interpelle. Qu'ils aient pour origine le patronyme de leur inventeur ou d'un personnage mythique, tels Joseph Guillotin et sa guillotine, Charles Sax et le saxophone et même la déesse Europe, ou qu'ils proviennent d'un lieu comme le temple Juno Moneta où se frappait la monnaie à Rome ou la ville de Bougie en Algérie d'où on importait la cire des chandelles, ce sont autant d'invitations à voyager dans le temps et dans l'espace.

Alors en voiture...


HERMÉTIQUE.
Thot était un dieu égyptien qui, dans le mythe d’Osiris, était le conseiller de ce dernier, puis le protecteur d’Horus, aidant à la résurrection ; il présidait aux sciences et on lui attribuait des ouvrages encyclopédiques sur la religion et la science de l’ancienne Égypte.
Les Grecs lui donnèrent le nom d’Hermès Trismégiste, « Hermès trois fois très grand » ; on désigna sous le nom de Livres d’Hermès Trismégiste des ouvrages probablement composés au IIIe siècle par des néoplatoniciens, adeptes des idées religieuses égyptiennes.
De là découla le nom donné par les alchimistes à l’auteur - légendaire - de leur art, c’est-à-dire ayant rapport à l’alchimie, à la connaissance de la transmutation des métaux et de la médecine universelle, réservée aux seuls initiés.
Par extension, est hermétique ce qui est obscur et dont le sens paraît réservé aux initiés, mais aussi ce qui est parfaitement fermé, à l’image de ce vase permettant une fermeture totale, grâce à une invention d’Hermès Trismégiste.

jeudi 12 avril 2018

C'est quoi ça? Ithyphallophobie


Il y a des mots qui semblent très compliqués pour ne pas dire incompréhensibles… Ithyphallophobie est de ceux là ?
J'ai voulu en savoir un peu plus et j'ai ouvert mon, indispensable, Robert historique de la langue française. Et je suis parti pour un petit voyage amusant et instructif.
Je suis d’abord tombé sur ''ithyphalle'' qui m'a renvoyé au mot ''phallus''. On est déjà en pays de connaissance. Voyons la suite...
Phallus a remplacé entre le XVIème et XVIIème siècle, les mots fallot et phalle, formes francisées adaptées du grec et du latin. C'est un emprunt au latin phallus qui désignait la représentation du membre viril portée dans les fêtes de Bacchus; l'organe viril lui était désigné au moyen de fascinum(du groupe ayant donné fasciner. Je suis assez d'accord...), penis et pudenda ''parties honteuses'' (du groupe de pudeur. Gamin mon confesseur m'en parlait parfois...des parties honteuses...). Le mot latin est repris du grec phallos, lui-même très rarement employé avec son sens le plus ancien de ''pénis en érection''; presque toujours ce terme désigne une représentation matérielle du pénis érigé, notamment pour les fêtes de Dionysos. Le mot est d'origine populaire et on le rapproche d'un substantif d'origine thraco-phrygien ballion.Vous ne voyez pas le rapport? Eh bien tous les deux se rattachent à un groupe étendu de mots indo-européens signifiant littéralement ''se gonfler''. Capito ?
En français, à partir du XVIIIème siècle, l'usage de phallus répond pour l'essentiel aux mêmes valeurs symboliques qu'en grec et en latin: il, je cite, ''désigne la représentation du sexe masculin en érection et , dans le cadre conceptuel de la psychanalyse freudienne, le pénis en tant que symbole ou objet partiel, défini par Lacan comme le signifiant du manque constituant de la condition structurale du désir''…. Vous pouvez répéter la question ??? Y a-t-il un lacanien dans la salle?? Quant à moi je ne pourrai plus jamais regarder mon zizi du même œil !!
Je passe sur tous les mots dérivés de phallus. Vous êtes peut-être un phalliste, un phallaciste , un phallocrate atteint de phallocentrisme, obsédé d'images phalliques ou collectionneur d'objets de forme phalloïde (les amateurs de champignons attention..)
Et j'en arrive à donc à ithyphalle. Mot composé de ithus ''droit en hauteur'' et de phallos. Vous y ajoutez phobie (du grec phobos: panique, effroi, peur irraisonnée) et on se retrouve au point de départ. Etonnant non?…
L'ithyphallophobie est donc la peur de voir un (son) sexe en érection !!!
Y en a vraiment qui sont prêts à tout pour se rendre intéressants... Vous en connaissez beaucoup des ithyphallophobes? Moi pas. Ce serait plutôt le contraire...

lundi 9 avril 2018

C'est quoi ça? - Prolepse


Retournons dans le jardin des fleurs de rhétorique pour

cueillir une prolepse… C’est à dire ??? Eh bien voilà.

Prolepse est un nom féminin emprunté à l’époque de la

Renaissance au grec prolêpsis « opinion que l'on se fait

d'avance, préjugé », et, spécialement en rhétorique, «

réponse anticipée à une question ». Ce substantif est

dérivé du verbe prolambanein (futur prolêpsesthai) «

prendre, porter en avant » et, avec une valeur

temporelle, « prendre par avance » d'où, au figuré, «

prendre d'avance par l'esprit, présumer, préjuger ». Ce

verbe est formé de pro (→ pour, pro-) et de lambanein «

prendre » . Le mot désigne en rhétorique une figure par

laquelle on va au-devant des objections de l'adversaire.

Au XIX e s., il a été repris en philosophie pour désigner

l'ensemble des notions généralisées a priori dans le 

système d'Épicure et, en théologie, à propos d'un

anachronisme par anticipation. En stylistique, il désigne

le fait de placer un mot dans la proposition qui précède

celle où il devrait normalement figurer.

Une fois qu'on a dit ça on n’a rien compris. Alors usons

nous de prolepses ? Bien entendu mais encore une fois

sans le savoir. Pour faire plus simple la prolepse est une

figure de style, qui consiste à anticiper le futur, à se

projeter dans l'avenir. Exemples : ‘’J'aurai mon bac

l'année prochaine’’. Ou bien comme l’a dit Pascal ‘’Le nez

de Cléopâtre, s'il eût été plus court, la face de la terre

en eût été changée’’ Ce à quoi Pierre Dac avait ajouté

‘’Mais bien moins que son propre visage...’’.

Soit dit en passant, la réfutation d’une prolepse est une

upobole… Mais ça c’est une autre histoire.

jeudi 5 avril 2018

Rhétorique, fleurs et figures




Rhétorique est emprunté au latin rhetorica, repris au

grec rhêtorikê (tekhnê) « art de l'éloquence »,

substantif de l'adjectif rhêtorikos « qui concerne les

orateurs, l'art oratoire », de rhêtôr, rhéteur. L'art de la

rhétorique a d'abord été défini comme celui de parler en

public, comme celui de l'orateur de l'agora, du forum, de

la curie, puis en général de la technique pour bien parler

et bien écrire, c'est-à-dire convaincre et persuader

l'auditeur ou le lecteur. L'héritage grec a été recueilli à

Rome par Cicéron (De oratore, 55 av. J.-C.) et Quintilien

(De institutione oratoria, v. 95).

Le mot a été emprunté très tôt par l'ancien français

savant avec la variante rectorique désignant l'ensemble

des procédés constituant l'art de l'éloquence orale et

écrite, d'où fleurs de rhétorique et, plus tard, figures de

rhétoriques.

En ayant dit cela on a tout dit et rien dit. Et pourtant

vous et moi utilisons quotidiennement de figures ou des

fleurs de rhétorique, comme M. Jourdain la prose, sans le

savoir. Rien ne vaut quelques exemples.

‘’Je l’ai vu de mes yeux vu, vu comme je vous vois’’ vous

faites une EPANALEPSE

‘’Madame se meurt ! Madame est morte ! ‘’ (Bossuet),

c’est un POLYPTOTE

‘’ Ai-je besoin de vous dire...’’ est une PRETERITION

''Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas''

(Pascal). C’est une ANTANACLASE.

Le prochain à venir c’est prolepse…

Ca peut paraître compliqué mais finalement je trouve ça

assez beau, même si c’est incompréhensible comme une

poésie de St John Perse ou Mallarmé.

vendredi 30 mars 2018

Anagrammes renversantes 4 - Le sens caché des mots

 
 Une anagramme (le mot est féminin) – du grec ανά, « en arrière », et γράμμα, « lettre », anagramma : « renversement de lettres » – est une construction fondée sur une figure de style qui inverse ou permute les lettres d'un mot ou d'un groupe de mots pour en extraire un sens ou un mot nouveau.

Par exemple anagramme peut devenir gare maman.

Anagramme ? C’est donc un jeu savant et loufoque qui consiste à mélanger les lettres d'un mot pour en former un autre qui doit faire sens et éclairer le premier. C'est ainsi que les tripes ne sont pas sans esprit, les morues sans mœurs, le pirate sans patrie, le sportif sans profits et l'étreinte sans éternité. Cette opération malicieuse peut même révéler le sens caché des noms et des expressions.

Le marquis de Sade
Voilà un homme qui sacrifia, plutôt que ses principes ou ses goûts, les plus belles années de sa vie. «  Tuez-moi ou prenez-moi comme cela car je ne changerai pas », écrivit-il à ses censeurs, enfermé dans une tour sous dix-neuf portes de fer. Ils avaient imaginé faire merveille en le réduisant à une « abstinence atroce sur le péché de la chair ». Ils s’étaient trompés: sa tête s’était échauffée et forma des fantômes qui se mirent en marche pour ne plus s’arrêter, chefs-d’œuvre de noirceur absolue. Le marquis
démasqua le désir.

Les anagrammes ne se contentent pas de substituer un mot à un autre sans lien entre les deux. Au contraire, elles prolongent le mot sur lequel elles se forgent, le bénissent, le célèbrent, l’adoubent, en déploient la portée. Ainsi 
Paul Marie Verlaine 
donne  
aviné par la lumière
La source est éclairée par la trouvaille. l’anagramme possède une nature divinatoire. 

Quand on trouve que 
L’amiral Nelson 
contient  
sillonna la mer
on ne devine rien, on confirme. on révèle un état de fait qui se trouvait serti dans le corps du nom, telle une empreinte d’ADN dans le tissu vivant.

Il en est de même quand on découvre que l'auteur du ''Voyage au bout de la nuit''  
Louis-Ferdinand Céline 
contenait 
noir dans un ciel de fiel
on peut s' extasier du caractère divinatoire de l’anagramme. 

lundi 31 juillet 2017

Anagrammes ou le sens caché du monde 3



 Les mots se joueraient-ils de nous ? 

Les anagrammes de renversantes peuvent devenir tout simplement époustouflantes:
La madeleine de Proust
Et je me pris soudain à rêver à certaines odeurs et saveurs qui, frêles mais vivaces, demeurent en nous, à attendre, à espérer la « gorgée de thé mêlée des miettes d’un petit morceau de madeleine » qui les fera revivre. Qui sait si ces souvenirs remonteront jamais de leur nuit ? Qui sait de quel breuvage « pris contre notre habitude » sortira
la ronde ailée du temps.
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La vitesse de la lumière
La vitesse d’une particule dans le vide est toujours comprise entre zéro – la particule est alors immobile – et 299 792 458 m/s, la vitesse de la lumière, qui ne saurait être dépassée sans que cela contredise formellement les équations d’Einstein. Cette constante universelle de la physique
limite les rêves au-delà.
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Miguel de Cervantès Saavedra
« Et Sancho allait cheminant et mangeant derrière son maître don Quichotte, très confortablement, et de temps à autre il levait sa gourde avec tant de plaisir que le plus raffiné des gargotiers de Málaga aurait pu l’envier. Et du moment qu’il allait ainsi multipliant les gorgées, il considérait comme de tout repos d’aller à la recherche des aventures, si dangereuses soient-elles », et
de cavaler au vent des mirages.
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Le mouvement perpétuel
L’utopie d’un mouvement qui se poursuivrait indéfiniment, sans histoire. D’une mobilité hiératique où la mobilité même serait abolie, équivalent cinématique d’un
temple où rêve un temple.
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Les paradoxes du chat beurré
Étant donné qu’un chat retombe toujours sur ses pattes et qu’une tartine beurrée s’écrase systématiquement sur le côté beurré, que se passerait-il si on laissait tomber un chat sur le dos duquel on aurait préalablement fixé une tartine beurrée ? Certains spécialistes pensent que le félin lévitera pour éviter de prendre parti ; d’autres parient que le souple quadrupède finira par imposer la loi de sa chute ; d’autres encore clament que la tartine ne saurait enfreindre la loi de l’emmerdement maximum qui lui colle à la peau ; enfin, il y a ceux qui expliquent que le comportement du chat et celui de la tartine sont si fondamentalement contradictoires que, associés l’un à l’autre, ils engendrent un certain nombre de paradoxes. Et, pour peu que l’alcool s’en mêle, leur résolution, toujours hasardeuse, devient vite un
aléa chaud d’experts bourrés.