samedi 3 février 2018

Mes 100 fims - 100 bandes annonces - 14 - Les vacances de M. Hulot

Jour après jour, la bande annonce de 100 films, qui ont



marqué ma jeunesse, mon adolescence et façonné ma 



culture cinématographique et pour une bonne part ce que 



je suis aujourd’hui. Ils apparaîtront en vrac sans aucun 


 


ordre qu’il soit logique ou affectif.



Si cela vous donne envie de voir ou de revoir ces films 

c'est parfait...
Les vacances de M. Hulot (1953) Jacques Tati
Jacques Tati
Le plus burlesque des films franqais et le plus français des films burlesques. Dans un style limpide,élégant  Tati enchaine une incalculable collection de gags sur une trame qui exprime la monotonie et la langueur d'une station estivale.On a rarement vu autant d'invention livrée sur un rythme aussi calme et nonchalant. Un total plaisir.

Incipit 42 - Oscar Wilde - Le portrait de Dorian Gray

Oscar Wilde – Le portrait de Dorian Grey
Le riche parfum des roses embaumait l'atelier et quand la légère brise d'été remuait les arbres du jardin, il venait, par la porte ouverte, une lourde odeur de lilas ou l'arôme plus délicat des aubépines rougissantes.
Du coin de sofa où il était allongé sur des coussins de cuir persan, et tout en fumant, selon son habitude, d'innombrables cigarettes, Lord Henry Wotton apercevait la rayonnante floraison d'un cytise, dont les grappes de miel et les flexibles rameaux semblaient écrasés sous le poids flamboyant de leur propre beauté.
Par instants, des vols d'oiseaux projetaient leurs ombres fantastiques sur les hauts rideaux de tussor tiré devant la fenêtre aux larges baies, et produisaient momentanément une sorte d'effet japonais. Et Lord Henry songeait à ces peintres de Tokio, aux visages de jade pâle, dont tout l'effort tendait, dans un art fatalement immobile, à donner la sensation de la vitesse du mouvement.
Dans un bourdonnement maussade, des abeilles s'évertuaient à fendre les hautes herbes mûres, et s'obstinaient dans une ronde monotone, autour des urnes dorées et poudreuses d'un chèvrefeuille solitaire ; et leur murmure alourdissait encore une accablante paix. Les bruits confus de Londres arrivaient, pareils aux notes bourdonnantes d'un orgue éloigné.
Au milieu de la pièce se dressait, sur un haut chevalet, le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté ; et, face au portrait, à légère distance, l'artiste lui-même était assis, ce Basil Hallward, dont la disparition soudaine, il y a quelques années, émut si fort la société et donna lieu à tant d'étranges suppositions.

vendredi 2 février 2018

Mes 100 fims - 100 bandes annonces - 13 - Fenêtre sur cour



Jour après jour, la bande annonce de 100 films, qui ont
marqué ma jeunesse, mon adolescence et façonné,  ma 
culture cinématographique et pour une bonne part ce que 
je suis aujourd’hui. Ils apparaîtront en vrac sans aucun 
 
ordre qu’il soit logique ou affectif.
Si cela vous donne envie de voir ou de revoir ces films 
c'est parfait...
Fenêtre sur cour (1954) Alfrd Hitchcock
James Stewart, Grace Kelly
Un autre chef-d’œuvre de Sir Alfred et probablement le plus virtuose. Il dissèque avec une ironie grinçante et pessimisme plusieurs scènes de vie. Tout est vu à travers les yeux du héros sans que la caméra sorte du cadre de son appartement. Avec des acteurs fétiches du Maître James Stewart, impeccable, et Grace Kelly héroïne hitchcockienne par excellence au top de son glamour.

Jean Genat - Le condamné à mort V et fin




T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle!
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle,

Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant,
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée,
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. O frangin triomphant,

Divinité terrible, invisible et méchante,
Tu restes impassible, aigu, de clair métal,
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante.

Ton âme délicate est par de là les monts
Accompagnant encor la fuite ensorcelée
D’un évadé du bagne, au fond d’une vallée
Mort, sans penser à toi, d’une balle aux poumons.

X
Élève-toi dans l’air de la lune ô ma gosse.
Viens couler dans ma bouche un peu du sperme lourd
Qui roule de ta gorge à tes dents, mon Amour,
Pour féconder enfin nos adorables noces.

Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D’enculer la plus tendre et douce des fripouilles.
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,
Mon vit de marbre noir t’enfile jusqu’au cœur.

Oh vise-le dressé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer! J’en ai pour peu de temps,
Si vous l’osez, venez, sortez de vos étangs,
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles

Ames de mes tués! Tuez-moi! Brûlez-moi!
Michel-Ange exténué, j’ai taillé dans la vie
Mais la beauté Seigneur, toujours je l’ai servie,
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d’émoi.

Les coqs du poulailler, l’alouette gauloise,
Les boîtes du laitier, une cloche dans l’air,
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair,
C’est le luisant joyeux sur la prison d’ardoise.

Messieurs je n’ai pas peur! Si ma tête roulait
Dans le son du panier avec ta tête blanche,
La mienne par bonheur sur ta gracile hanche
Ou pour plus de beauté, sur ton cou mon poulet….

Attention! Roi tragique à la bouche entr’ouverte
J’accède à tes jardins de sable, désolés,
Où tu bandes, figé, seul, et deux doigts levés,
D’un voile de lin bleu ta tête recouverte.

Par un délire idiot je vois ton double pur!
Amour! Chanson! Ma reine! Est-ce un spectre mâle
Entrevu lors des jeux dans ta prunelle pâle
Qui m’examine ainsi sur le plâtre du mur?

Ne sois pas rigoureux, laisse chanter mâtine
A ton cœur bohémien; m’accorde un seul baiser…
Mon Dieu je vais claquer sans te pouvoir presser
Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine!

XI
Pardonnez-moi mon Dieu parce que j’ai péché!
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m’envoler du beau pays de France,
N’est-ce assez monseigneur pour aller me coucher
Trébuchant d’espérance.

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige!
Seigneur des lieux obscurs, je sais encore prier.
C’est moi mon père, un jour, qui me suis écrié:
Gloire au plus haut du ciel, au dieu qui me protège
Hermès au tendre pied!

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Les chants des Séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d’immobiles landes.

Ce n’est pas ce matin que l’on me guillotine.
Je peux dormir tranquille. A l’étage au dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon jésus,
S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine
A mon crane tondu.




Il paraît qu’à côté vit un épileptique.
La prison dort debout au noir d’un chant des morts.
Si des marins sur l’eau voient s’avancer les ports
Mes dormeurs vont s’enfuir vers une autre Amérique.

jeudi 1 février 2018

Jean Genet - Le condamné à mort IV




Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

O viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner: moi seul je vais mourir.

O viens mon ciel de rose, O ma corbeille blonde!
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche! Amour ouvre les portes!
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

O traverse les murs; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate une heure avant ma mort.


Les assassins du mur s’enveloppent d’aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins,
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore.

Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
Quel enfant s’est roulé sur ma paille pourrie
A l’instant du réveil d’amis se souvenant?

Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
Nus jusqu’à la ceinture, et des frocs résédas
Tire ces lourdes fleurs dont l’odeur me foudroie.

Arrache on ne sait d’où les gestes les plus fous.
Dérobe des enfants, invente des tortures,
Mutile la beauté, travaille les figures,
Et donne la Guyane aux gars, pour rendez-vous.

O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du minot blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse.

Un clope mouillé suffit à nous désoler tous.
Dressé seul au dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d’être sacré l’époux.

Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dans le soir tirent d’un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus émouvant et pur qu’une émouvante bite.

Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle.
Monte la lune au ciel. S’apaise une querelle.
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis.

Je me souviens


Je me souviens du goût des groseilles au fond du jardin, qui m'agaçaient les dents
Je me souviens de ma collection de papier buvard
Je me souviens de ma première jouissance et de la stupeur ressentie
Je me souviens d'avoir recommencé une heure après
Je me souviens de ces cauchemars récurrents qui me faisaient retarder au maximum l'heure du coucher
Je me souviens des tubes de lait Nestlé sucés jusqu'à la dernière goutte
Je me souviens du jour où j'ai quitté l'appartement familial pour ma chambre d'étudiant
Je me souviens de mon premier vélosolex

Je me souviens de cette nuit d'hiver au bord du Saint Laurent
Je me souviens de la première (et seule) baffe que j'ai donnée
Je me souviens (très bien) de celle que j'ai reçue 1/10 de seconde après
Je me souviens de celui qui n'en avait qu'une
Je me souviens du baiser de Lucien Bergère dans l'Enfance d'un chef
Je me souviens de ces films vus en plein air sur un grand mur blanchi à la chaux à Kati
Je me souviens d'avoir barré le Belem une nuit de juin au large de La Rochelle
Je me souviens du premier et dernier 78 tours que j'ai acheté: Henri Genès: ''Tire l'aiguille...''
Je me souviens d'avoir dansé, déguisé en moine, le can-can de la Vie Parisienne au Zénith de Montpellier



Je me souviens du goût de son premier baiser sur cette plage au bord du Congo
Je me souviens de notre première nuit
Je me souviens de son regard
Je me souviens de sa tendresse
Je me souviens du 135 rue Saint Martin
Je me souviens de la première fois où j'ai été cocu
Je me souviens de l'aveu de sa maladie
Je me souviens de ses derniers mots en me quittant place de la Bastille
Je me souviens de ce coup de téléphone à 11h du soir
Je me souviens d'une tristesse infinie
Je me souviens qu'il a été mon premier amour


Je me souviens des mochetés que j'ai faîtes
Je me souviens des pardons que j'aurais dû demander
Je me souviens de ce que j'aurais dû oublier l'ayant pardonné...

Mes 100 films - 100 bandes annonces - 12 - La mort aux trousses

Jour après jour, la bande annonce de 100 films, qui ont 
marqué ma jeunesse, mon adolescence et façonné,  ma 
culture cinématographique et pour une bonne part ce que 
je suis aujourd’hui. Ils apparaîtront en vrac sans aucun 
ordre qu’il soit logique ou affectif.
Si cela vous donne envie de voir ou de revoir ces films 
c'est parfait...
La mort aux trousses (1959) Alfred Hitchcock 
C. Grant - E. Marie Saint - J. Mason
La perfection du récit d'espionnage. Un exercice de style d'une stupefiante virtuosité dont la plupart des séquences sont des morceaux de bravoure,des tours de force,au brio rarement égalé.