samedi 27 juin 2020

Mes 100 films (301-400) Récapitulatif


La 4ème série de mes ‘’100 films’’ qui va de 301 à 400 est terminée. La 5ème série (401-500) est en préparation. Le 401ème film est connu… Mais je vais souffler un peu !
En attendant voici un récapitulatif de ces 100 dernières affiches, sur une musique emblématique du cinéma Moon River d’Henry Mancini.



vendredi 26 juin 2020

Jean Cocteau - La Belle et le Bête -


Pour l'offrir à sa fille, le père de la Belle cueille, sans le savoir, une rose appartenant au jardin de la Bête, qui s'en offense. Afin de sauver son père, la Belle accepte de partir vivre au château de la Bête.
Tout le monde, ou presque, connaît l’argument du film, le meilleur, de Jean Cocteau.
 En pleine mode réaliste, La Belle et la Bête crée la surprise et remporte un immense succès. Jean Cocteau, qui signe ici son film le plus populaire, le définissait lui-même comme "un rêve dormi debout".
Le film se tourna dans l'après-guerre, où les conditions de travail n'étaient pas des plus confortables. L'équipe connut notamment des difficultés à trouver de la pellicule et souffrit de la restriction d'électricité, des pannes de courant ou encore de l'absence de lumière de studio. Elle dépendait le plus souvent de la lumière du jour. Jean Cocteau insistait d'ailleurs pour filmer sous toutes les conditions dans le but d'"évoquer la beauté qui vient par hasard". Lorsque la scène nécessitait plus d'éclairage, on utilisait des torches et des arcs de magnésium.
Le monde de Belle n'est pas photographié de la même façon que celui de la Bête. Les extérieurs du premier sont largement éclairés car réels. Et ses intérieurs sont influencés par les peintures des maîtres flamands et hollandais, surtout celles de Vermeer. Le monde de la Bête, sombre et mystérieux, se réfère quant à lui aux gravures de Gustave Doré, qui illustra notamment les contes de Perrault. "Je faisais mon film sous son signe", déclara Jean Cocteau.
Les scènes de la maison de Belle furent tournées au Manoir de Rochecorbon en Indre-et-Loire, et les extérieurs du château de la Bête au Château de Raray près de Senlis.
Jean Marais était mobilisé à l'époque mais Jean Cocteau obtint du général Leclerc une permission spéciale pour que l'acteur puisse tourner. Jean Marais devait en contrepartie signer toutes les semaines une feuille de présence aux Invalides à Paris. Il rejoignit sa division en Allemagne à la fin du tournage. 
 
Jean Marais imaginait au départ une Bête à tête de cerf mais Christian Bérard, le chef décorateur, lui démontra que la Bête devait effrayer, et ne pouvait être en conséquence un herbivore mais un carnivore. Le masque a été confectionné par un perruquier. Chaque poil était monté sur une toile de tulle divisée en trois parties que l'on collait sur le visage du comédien. Le maquillage, très pénible, prenait cinq heures chaque jour : trois heures pour le visage et une heure pour chaque main. Certaines dents furent recouvertes de vernis noir pour leur donner un aspect pointu, et les canines pourvues de crocs tenus par des crochets en or. Ainsi déguisé, Jean Marais put seulement se nourrir de purées et de compotes durant le tournage.
Jean Cocteau souffrait depuis plusieurs mois de graves affections de la peau qui ne s'arrangèrent pas sur le tournage. La lumière des projecteurs le blessait et il travaillait avec un chapeau sur lequel on fixait un linge noir percé de deux trous pour les yeux. Un médecin exigea qu'on l'hospitalise au plus vite à Pasteur car il pouvait mourir sous quarante-huit heures d'un empoisonnement du sang. Jean Cocteau accepta et fut sauvé par une injection de pénicilline. Elle avait spécialement été importée de New York car il n'y en avait pas en France à cette époque. Cocteau a dit qu’il avait été puni par Dieu pour ce qu’il avait fait supporter à Jean Marais en lui faisant porter ce masque.
Avant d'être mondialement reconnu et d'avoir créé un véritable empire de la mode sous son nom, le couturier Pierre Cardin a fait ses preuves sur le tournage de La Belle et la Bête sous la houlette du chef costumier Christian Bérard et a réalisé pour le film de nombreux costumes et masques. 
Dans la vidéo suivante l'accent est mis sur la Bête avec quelques scènes significatives. On remarquera le fort impact physique, voir sexuel, de la Bête comparé à la ''fadeur'' du prince charmant...

 

Mes 100 films (301-400) 400 - La Poursuite impitoyable


La Poursuite impitoyable – Arthur Penn (1966)
Marlon Brando, Robert Redford, Jane Fonda

Au Texas, le retour d’un évadé de prison dans sa ville natale déchaîne les passions. Le shérif se promet de trouver le fugitif avant que la foule ne s'en empare. 
Une véritable tragédie sociale où le réalisateur détecte avec acuité les aspirations de toutes les couches du tissu social et le malaise d'une société dans une petite ville du Texas. A travers une chasse à l'homme, le film observe la montée de la violence chez des citoyens à priori sans histoire ou désoeuvrés qui n'ont plus que ce moyen expiatoire pour s'imposer dans le rang social. Cette montée de la violence arrache les habitants à leur torpeur et à leur conformisme, déchaînant les sentiments refoulés, le fanatisme, l'exclusion et les passions. Pour tenter d'endiguer la folie de ce microcosme de l'Amérique moderne, le sheriff incarné par un Marlon Brando des grands jours, reste hélas impuissant. Le reste du casting est exceptionnel jusque dans les petits rôles. Arthur Penn signe ici un de ses grands films, en dénonçant non seulement le racisme latent et le goût pour une violence collective et aveugle, mais aussi le pouvoir corrupteur de l'argent et la fragilité de l'empire d'un potentat local. C'est donc une description au vitriol de l'Amérique de Lyndon Johnson, un film d'une grande puissance au réalisme brutal.Avec une scène de quasi lynchage éprouvante.

 

jeudi 25 juin 2020

mes 100 films (301-400) 399 - Les Ensorcelés

Les Ensorcelés – Vincente Minelli (1953)
Kirk Douglas, Lana Turner

Le producteur Harry Pebel convoque dans son bureau Georgia Lorrison, une grande actrice, Fred Amiel, un jeune réalisateur, et James Lee Bartlow, un écrivain. Pebel attend un coup de téléphone de Jonathan Shields. Celui-ci a permis à ces trois personnes d'accéder au rang de star mais s'est parfois mal comporté avec elles. Aujourd'hui en difficulté, il leur demande de l'aider. 
Mélodrame flamboyant et fascinant aux six oscars de Vicente Minnelli qui évoque le rôle impitoyable des producteurs à Hollywood, avec un Kirk Douglas sublime en mégalomane ambitieux et perfide.
Ce film n'est pas sans rappeler sur le même thème "La Comtesse aux pieds nus" allant même jusqu'à démarrer également dans un cimetière!!! Mais le récit en trois parties est un bel objet de cinéma, traitant le milieu d’Hollywood avec un cynisme et une dose de raffinement certains. Il est dur de parler autrement d'un film élégant et soigné tant dans la mise en scène que dans le jeu des acteurs. Et Lana Turner toujours fascinante


 

mercredi 24 juin 2020

Mes 100 films (301-400) 398 - Rebecca


Rebecca - Alfred Hitchcock (1946)
Laurence Olivier, Joan Fontaine, Judith Anderson

C'est à Monte-Carlo que le richissime et séduisant veuf Maxim de Winter croise le chemin d'une jeune domestique qu'il ne tarde pas à séduire. Bientôt, ils se marient et retournent habiter dans le manoir de Manderley, demeure familiale de Winter, au sud de l'Angleterre. Très rapidement, dans cet endroit lugubre et froid, la nouvelle Mme. de Winter se confronte aux domestiques qui ne semblent guère l'apprécier. Surtout, c'est Mme. Danvers, la gouvernante, qui est la plus vindicative. Car depuis toujours, elle servait Rebecca, l'ex-femme de M. de Winter décédée un an plus tôt dans un accident. Son souvenir semble hanter le château... 
C'est ce qui s'appelle un bijou. Du grand art que sir Alfred pouvait nous offrir. Le film est mené à la perfection; les acteurs sont brillants, la musique de Waxman est terrifiante, le déroulement du scénario et les surprises qui en découlent sont traitées à la perfection jusqu'au bout!!! jusqu'à la fin!!! ça ne s'arrête jamais, c'est magnifique.
En devenant un film, le best-seller de Daphné du Maurier fait moins "Veillée des chaumières" et devient un thriller romantique.

 

mardi 23 juin 2020

Mes 100 films (301-400) 397 - Fedora



Fedora – Billy Wilder ()
Marthe Keller – William Holden

Un producteur américain tente de convaincre une star légendaire à la retraite, Fedora, d'effectuer un comeback retentissant. 
Mineur, majeur, maudit, testament... Beaucoup de termes ont été utilisés concernant ‘’Fedora’’. Peut-être pas aussi grand que ‘’Boulevard du crépuscule’’, autre chef-d'œuvre sur le milieu du cinéma, mais magnifiquement mis en scène, écrit, réfléchi... On retrouve à chaque instant l'empreinte du génial Billy Wilder, le film prenant même une tournure vertigineuse lors d'une révélation fracassante à mi-parcours. C'est alors un nouveau récit qui commence, tout aussi passionnant, riche et intense que le premier, avec une intelligence d'esprit, une force qui ne trompent pas concernant l'identité du cinéaste... Excellente interprétation, William Holden en tête, et conclusion à la hauteur de ce joyau supplémentaire dans la filmographie déjà superbe d'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma.


 

Trénet vu par Cocteau


Jean Cocteau-Charles Trenet.
De Trenet, qu’il célèbre dès 1937 dans un de ses Articles de Paris publiés dans Ce Soir (« Tout finit sur des chansons »), Cocteau dira vingt ans plus tard : « Le parolier idéal est pour moi Charles Trenet. Il fait descendre la chanson dans la rue sans qu’elle se casse la figure en se jetant du troisième étage ». Il a noué avec lui des liens d’amitié qui l’ont conduit à préfacer La Bonne Planète (1949). Il y écrit :
«Charles Trenet a créé tout un univers d'objets légers, d'objets dans un courant d'air, d'objets sur lesquels on souffle, d'objets qui deviennent des mains, des mains qui deviennent des objets, d'amoureux qui s'envolent par les fenêtres, de pendus gais qui deviennent des fantômes gais, des facteurs bleus qui voyagent plus vite que le télégraphe.
Il chante. Il chante dans son lit. Il chante dans son cabinet de toilette. Il chante en voiture. Il chante au téléphone. Il chante au théâtre. Il chante sur l'aile des ondes. Et s'il ne chante pas, d'autres chantent ce qu'il chantait la veille.»
Il illustrera le programme de son récital au Théâtre de l’Étoile en 1961. 

 


<<Ce sera ma prochaine affiche, dit Charles Trenet. Mon affiche actuelle ressemble à une réclame de cirages… Je l’aurais voulue plus franchement laide, plus chromo, avec ce fond de paysage printanier de calendrier des postes… L’affiche de Cocteau, c’est un poème… Avec ce chapeau sur la tête et ces ailes dans le dos, j’ai l’air d’un ange endimanché, comme les anges naïfs vus par les nègres de Harlem, dans le film « Verts pâturages »… Cela ne fait rien, j’aime cette affiche : elle pousse comme la sève dans les branches ; elle éclate d’oxygène. Elle est à la fois agressive et attendrissante de naïveté>>