saison 1 épisode 1
lundi 8 août 2016
dimanche 7 août 2016
samedi 6 août 2016
vendredi 5 août 2016
Des génériques comme on n'en fait plus - Sacha Guitry - La poison
Sacha
Guitry, avec son phrasé unique, son élégance, son esprit, son
ironie, sa dévotion pour la langue française et les mots, son amour
des comédiens, sa gentillesse, son exquise politesse, avec un brin
d'emphase peut-être, mais c'est lui le Maître inimitable,
irremplaçable...
jeudi 4 août 2016
Mon film de la semaine - Tables séparées - Delbert Mann - 1958
Je
gardais de ce film, un souvenir doux,
mélancolique, un peu triste. Je l'ai revu ces jours-ci et il tient
le coup, son charme s'est à peine évaporé.
Cela
tient à son histoire, qui comme dans notre théâtre classique
respecte la règle des trois unités de lieu, de temps et d'action.,
ce qui renforce le drame.
Dans
une station balnéaire du sud de l'Angleterre, quelques pensionnaires
ont élu résidence dans une pension de famille qui l'espace d'une
journée va devenir un huis-clos étouffant de non-dits et de
frustrations.
En
effet ce film sent son théâtre à plein nez. Son auteur, Terence
Rattigan, a été considéré comme un des auteurs dramatiques
britannique le plus important du XXème siécle et a été un temps
le scénariste le mieux payé d'Hollywood. Burt Lancaster, qui avait
racheté les droits de la piéce lui a d'ailleurs demandé d'écrire
le scénario.
Au
départ le film devait être réalisé par Laurence Olivier, Burt
Lancaster jouant le rôle du major anglais et Vivien Leigh celui de
la vieille fille frustrée. A la suite de brouilles multiples les
cartes sont redistribuées. Delbert Mann réalisera et les rôles
principaux seront tenus par un carré d'as somptueux David Niven,
Deborah Kerr, Burt Lancaster et Rita Hayworth.
David
Niven gagnera un oscar, impeccable en vieux major retraité,
probablement puceau, dont les mensonges et la révélation des
attouchements sexuels pitoyables dans les cinémas vont faire voler
en éclats une assurance un peu vaine.
Au
grand dam de Sybil, une jeune fille timide, vierge absolument vierge,
frustrée et dominée par une mère castratrice, désespérément
amoureuse du major et détruite par la révélation du scandale.
En
face d'eux, le couple Burt Lancaster - Rita Hayworth.
Burt
Lancaster, écrivain à la dérive, s'est réfugié dans cette maison
de famille pour oublier ses souvenirs dans l'alcool et au près de la
maîtresse de maison, mais son passé va resurgir avec l'apparition
son ex femme, qui effrayée par la solitude, la fuite du temps,
l'approche de la vieillesse, vient tenter de retrouver l'amour de son
mari. Sublime Rita Hayworth. Courageuse et terrible mise en abîme
pour celle qui voit venir le déclin de sa carrière et les premières
attaques de la maladie d'Alzheimer.
Le
film se termine par une très belle scène au petit déjeuner dans la
salle à manger où chacun à sa table séparée et où peu à peu
les tabous tombent, les mots impossibles à évoquer se libèrent.
Tout a peut-être une chance de prendre un cours normal. Et Rita
Hayworth repartira seule vers son destin londonien...
Si
vous avez l'occasion de voir ou revoir ce film n'hésitez pas une
seconde...
lundi 1 août 2016
Marguerite Yourcenar - Les mémoires d'Hadrien
Honte
à moi, je n'avais pas encore lu ce livre. J'avais essayé il y a
bien longtemps, j'en avais gardé le souvenir d'un profond ennui.
Mais il en va peut-être des livres comme des grandes rencontres
humaines, il faut se trouver au bon endroit au bon moment.
Peut-être
a-t-il fallu que j'atteigne l'âge d'Hadrien pour entrer dans ce
roman, car c'en est bien un, cette longue lettre-testament adressée
par l'empereur vieillissant à son petit-fils adoptif et futur
successeur Marc Aurèle.
Mais
quel plaisir d'entre dans l'intimité du célèbre César ; son
enfance, sa carrière auprès de Trajan, son avènement à la
magistrature suprême, ses réformes, ses voyages, son approche de la
mort, son amour pour Antinoüs.
Le
second plaisir a été la découverte de Marguerite Yourcenar. Pour
moi illustre et inconnue. Son style froid, méthodique, sans emphase
donne néanmoins chair et chaleur au personnage d'Hadrien et rend
vivant et crédible ce monde du 2ème siècle. Marguerite Yourcenar a
dit que c'était une phrase de Flaubert qui lui avait donné envie
d'écrire ce livre : ''Les dieux n'étant plus et le Christ
n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un
moment unique où seul l'homme a été''.
Avec
ce livre écrit à la première personne, Marguerite Yourcenar se
glisse avec une incroyable vérité dans l'esprit et le cœur
d'Hadrien. Et sans aucun doute c'est lui qu'on entend se dévoiler
sans fards, sans retenue, sans volonté de plaidoyer pro domo pour
l'histoire. Un homme qui a régné pendant 20 ans sur l'empire
romain, qui voyant sa mort prochaine se livre tel qu'il est... un
homme.
C'est
un livre à conserver près de soi pour pouvoir en relire quelques
pages de temps en temps.
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