dimanche 13 septembre 2015
jeudi 10 septembre 2015
Petite liste de villes que je ne connaîtrai jamais
L’enfance
est un pays merveilleux, un territoire dont nous sommes exilés et
dont l'accès nous est à jamais fermé à l'âge adulte. Enfant,
nous nous enfoncions sous les draps de notre lit à la recherche d'un
passage secret pour découvrir à travers nos rêves et nos lectures
le reflet magique d’un monde, encore à nous, inconnu.
Pour
certains, devenus adultes, l'imagination n'a pas déserté notre âme.
L’autre côté du miroir nous attire toujours et nous cherchons
désespérément à retrouver les parfums et les échos de ce paradis
perdu qui résonnent encore en nous.
Ainsi
pour moi, lointaines, fantasmatiques, légendaires, rêvées, ces
villes qui ont nourri mon imagination et que je ne connaitrai jamais.
«
Il se leva et dans la lumière d'un jour d'été s'approcha du
tableau. Et c'est sans étonnement qu'il vit le papillon s'envoler à
l'intérieur de la toile, volant, volant vers le lagon d'émeraude,
vers la ville écroulée, vers les jardins aériens et les mille
coupoles éventrées de Mayapura.
John prit appui sur ses deux mains, monta sur la commode puis à son
tour passa dans le tableau... »
Juste
ce qu’il faut pour enflammer l’imagination d’un adolescent
attardé au début des années 70. Je garde de ce livre, plus de 40
ans après, le souvenir d’une sorte de voyage initiatique tel
qu’aurait pu l’écrire un écrivain anglo-saxon du 19ème siècle
mais surtout la magie, le mystère d’un nom. Mayapura. Cette ville
existe-t-elle ? Je l’ignore ! Je suis allé faire un tour sur
Wikipedia. Je suis tombé sur l’avatar d’une secte de Krishna. Je
ne suis pas allé plus loin. Il ne faut pas toucher aux rêves. Se
trouve-t-elle en Inde ? En Malaisie ? Dans les iles de la Sonde ? Ou
mieux encore n’existe-t-elle que pour ceux qui l’ont rêvée ?
Alexandre
ne fut vaincu que par les cuisses d’Hephaistion. Renseignements
pris, je me suis engagé dans l’armée du conquérant et de son
amant pour les suivre jusqu’à Samarcande.
J’y retrouverai plus tard Gengis Khan et Tamerlan, Marco Polo et
ses aventures sur la route de la soie.
Un
samedi de 1956 à Kati, poste militaire à 30 kms de Bamako dans ce
qui était encore le Soudan français. Comme tous les WE, cinéma en
plein air sur la place d’armes. Face à un grand mur peint à la
chaux, on s’installait sur des pliants, des chaises longues et on
sortait les fauteuils des 2CV. Au programme, deux films. Le premier,
un film ‘’ancien’’ en général d’avant-guerre et en noir
et blanc. Le deuxième plus récent. Ce samedi-là en première
partie, un film de Frank Capra, ‘’Horizons perdus’’.
Survolant les montagnes du Tibet et pris dans une tempête, un avion
s’écrase dans une mystérieuse vallée protégée du froid, du
vent, de la neige, Shangri-La.
Un endroit hors du temps où règnent l’harmonie, la paix, la
douceur de vivre sans économie, sans police, sans lien avec
l’extérieur. Venus d’un monde qui les a rendus mauvais, les
intrus vont changer au contact des habitants de Shangri-La ! Mais ils
seront rattrapés par la réalité ! Shangri-La, rêve utopique,
paradis perdu à jamais!
Dans
mon jardin, des roses de Picardie, mais je ne respirerai jamais le
parfum des roses d’Hispahan
dans
leur gaine de mousse :
Oh
! Que ton jeune amour, ce papillon léger,
Revienne
vers mon cœur d'une aile prompte et douce,
Et
qu'il parfume encore les fleurs de l'oranger,
Les
roses d'Ispahan dans leur gaine de mousse !
Ni
ne m’enivrerait des senteurs des jardins de Babylone
que Nabuchodonosor fit construire pour son épouse la belle Amytis !
On n’aime plus comme ça aujourd’hui.
Je
donnerai tous les souks du monde pour ceux de la Bagdad
de Schéhérazade, d’Aladin et de Sinbad qui ont enchanté mes
nuits.
Et
le Livre de la jungle de Rudyard Kipling, pour sa Kandahar
et son Iskander
de ‘’L’homme qui voulut être roi’’.
Toutes
ces villes … et Syracuse, pour m’en souvenir à Paris.
mardi 8 septembre 2015
Bande annonce - Les Orgueilleux
Un
film injustement un peu oublié aujourd'hui. Et pourtant, un beau
couple de cinéma 2 ans avant, dans un tout autre registre, ''Les
grandes manœuvres'', quelques scènes cultes : G. Philipe ivre
mort dansant pour un verre de téquila, M. Morgan à moitié nue sur
un lit se rafraîchissant avec un ventilateur et une musique de P.
Misraki...
Et
en prime la magnifique valse des Orgueilleux chantée par la
magnifique Lucienne Delyle
lundi 7 septembre 2015
dimanche 6 septembre 2015
samedi 5 septembre 2015
Abécédaire - M comme Mort
…
comme Mort ! Cet évènement, le plus banal, le plus inévitable, le
mieux partagé du monde, le plus universel, le plus égalitaire ou
égalitariste est certainement celui dont nous savons le moins de
chose. A vrai dire, dont nous ne savons rien ! Cessation des
activités vitales. Au-delà, rien ! L’au-delà ! C’est bien la
question.
Globalement,
le monde se partage en deux. Ceux qui croient, dur comme fer, qu’il
y a une vie après la mort et ceux qui croient tout aussi fermement
le contraire. Il est paradoxal que ces personnes qui doutent de la
fidélité de leur conjoint, de la fiabilité des prévisions
météorologiques, de la parole de leurs hommes politiques, du
sérieux de leur garagiste, de la sécurité de leur emploi, de la
qualité de ce qu’ils mangent, boivent, respirent n’ont
absolument aucun doute sur ce qui les attends ou ne les attends pas
après leur mort et dont ils ne savent strictement rien. Dieu merci
(sic) certains doutent de cela aussi. Et dans ce domaine, comme dans
d’autres, le doute me semble être la seule posture raisonnable et
responsable.
Qu’est-ce
que je crois ? Je ne sais pas ! Qu’aimerais-je croire ? Peut-être
que la mort ne serait que le réveil après un beau rêve qu’aurait
été la vie. Et il me vient parfois des envies de me mettre à
croire à la métempsycose. Je n’ai pas vraiment peur de la mort.
Pour l’instant. Mais ce que je ne supporte pas c’est de ne plus
vivre. Pire encore, que les autres continuent à vivre sans moi !
Nous
ne devrions pas craindre la mort.(Je ne parle pas de disparition, qui
est une question trop sérieuse pour être abordée ici.) Nous
devrions y être habitués. Sans que cela ait une réelle importance,
nous passons notre vie à mourir, de tout et de rien. De peur, de
rire, de froid et de chaud, de faim et de soif, de fatigue,
d’inquiétude, d’impatience, de curiosité, de sommeil, d’amour,
de plaisir. De toutes ces morts, c’est cette dernière que je
préfère. Celle que les italiens appelaient la petite mort. Celle
qui par des glissements progressifs nous amène à ce point ultime du
plaisir où toutes les fonctions vitales s’arrêtent. Pour 1/10 de
seconde. Une éternité. Et qui nous laisse rompus, épuisés, comme
morts. En ai-je redemandé de ces petites morts… Et aujourd’hui
encore… Mais la date de péremption approche et la limite au-delà
de laquelle…
Il
me plairait bien que la Mort, la dernière, la vraie, soit un grand,
un énorme orgasme cosmique ! S’il n’y a rien après, tout aura
été dit. Et si des anges nous accueillent, profitons en bien
ici-bas. Ils n’ont parait-il pas de sexe !
Pour
paraphraser Voltaire, je mourrai avec une immense curiosité. Mais je
ne suis pas pressé !
jeudi 3 septembre 2015
The men I loved
Dans
ma jeunesse cinéphilique , j'avais un cœur d'artichaut. Je
suis souvent tombé amoureux... Mais un nouvel amour ne m'a jamais
empêché de continuer à aimer le précédent...
Je me souviens...
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