vendredi 4 novembre 2016

Toute la musique que j'aime - Allegri - Miserere

Le Miserere d'Allegri est une œuvre musicale chantée a cappella, composée durant le règne du pape Urbain VIII, vers 1630. Le Miserere est chanté à la Chapelle Sixtine lors des matines du mercredi et vendredi de la Semaine Sainte. Le Vatican avait interdit de le reproduire ou de le diffuser afin d'en préserver le caractère unique. Le transcrire ou le jouer ailleurs qu'en ces lieux était puni d'excommunication.
Lors de son premier voyage à Rome avec son père en 1770, Mozart, qui avait 14 ans, eut la chance de pouvoir écouter le Miserere le mercredi de la Semaine Sainte. Ebloui par la beauté de cette musique, il retranscrivit de mémoire l'oeuvre le soir même. On est génial ou on ne l'est pas.... Le Miserere fut publié en 1771 à Londres et l'interdiction papale fut levée. 

L’original a malheureusement été perdu, mais à l’aide d’autres transcriptions, comme celle de Félix Mendelsohn (qui a lui aussi témoigné de l’effet extraordinaire que lui avait fait cette musique), on a pu heureusement reconstituer l’oeuvre dans sa quasi-totalité.
Le morceau fait un peu moins de 15 minutes. Je sais que c'est un peu long à l'époque de twitts et des SMS. Mais si vous essayez vous ne le regretterez pas. Installez-vous confortablement, fermez les yeux et vous allez entendre ce qui est peut-être la voix des anges.


 

Incipit n°7 - Le tableau du maitre flamand

Premiers mots d'un manuscrit, d'un ouvrage. d'un roman.
Si ces incipit vous rappellent des souvenirs, vous donnent envie d'y retourner ou d'aller plus loin c'est parfait.
Incipit n° 7
(que je vous recommande tout particulièrement)
Arturo Perez Reverte - Le tableau du maître flamand

LES SECRETS DE MAITRE VAN HUYS
« Dieu déplace le joueur, et celui-ci la pièce. Quel
Dieu derrière Dieu commence donc la trame ? »
J. L. Borges
Une enveloppe cachetée est une énigme qui en renferme d'autres. Celle-ci, une grande et grosse enveloppe de papier kraft, était marquée du sigle du laboratoire en son angle inférieur gauche. Et tandis qu'elle s'apprêtait à l'ouvrir, qu'elle la soupesait tout en cherchant un coupe-papier parmi les pinceaux, les flacons de peinture et de vernis, Julia n'imaginait nullement à quel point ce geste allait changer sa vie.
En fait, elle savait déjà ce que contenait l'enveloppe. Ou du moins, comme elle allait le découvrir plus tard, elle croyait le savoir. Et c'est sans doute pourquoi elle ne sentit aucune émotion particulière jusqu'à ce qu'elle sorte les épreuves photographiques de l'enveloppe, qu'elle les étale sur la table et qu'elle commence à les regarder, vaguement étonnée, retenant son souffle. Elle comprit alors que
La Partie d'échecs allait être autre chose qu'un simple travail de routine. Dans son métier, il n'était pas rare de faire des trouvailles imprévues en restaurant des tableaux, des meubles ou des reliures anciennes. Depuis six ans qu'elle était restauratrice, elle avait vu d'innombrables esquisses abandonnées, corrections d'originaux, retouches, repentirs d'artiste ; et même des falsifications. Mais jamais encore une inscription masquée sous la peinture d'un tableau : trois mots que révélait la photo aux rayons X.

jeudi 3 novembre 2016

Hammams


Bouche d’ombre, puits de lumière. Chaleur et moiteur. Corps offert à la vapeur émolliente qui libère le corps des scories de la ville et récompense de la calebasse d’eau fraîche puisée dans la vasque en pierre creusée. Sous les voûtes se mêlent les sons. L’eau qui coule. Quelque part la mélodie d’une chanson d’Oum Khaltoum. Parfois le claquement sec d’une main sur un dos soumis au plaisir trouble du rite du massage. Purification des peaux. Abandon des corps, alanguissement des âmes. Semi endormissement au bord d’un bassin avec juste sur le ventre une serviette que l’on enlèvera pour plonger et laver le corps de tout ce que les pores de la peau auront exsudé. Mais l’engourdissement du corps n’empêche pas que l’esprit reste en éveil. Attentif aux bruits furtifs qui l’entourent. Glissement des pieds sur le carrelage. Casserole que l’on plonge dans la fontaine et bruit de l’eau qui tombe en cascade sur le sol. Grognement au plaisir du corps surpris par le froid. Conversations à voix basse soudainement interrompues. Le thé partagé. Dans l’obscurité des salles voisines on devine des regards qui observent. Des corps se déplacent le souffle lourd de poumons écrasés par la touffeur de l’air ; s’assoient, s’allongent près de vous avec cette impudeur équivoque des hommes entre eux.
Ces endroits n’ont rien à voir avec nos saunas occidentaux ou les spas des hôtels 5 étoiles.
Ce sont les derniers hammams du Caire où les cairotes perpétuent leur tradition plus que millénaire. Leur temps est compté. Peu à peu la lèpre ronge sur les murs, éparpillées, les anciennes splendeurs des zelliges.

mercredi 2 novembre 2016

Liste des grandes (et petites envies ) à vivre ou a revivre

- Une clope. Ce serait la première depuis 15 ans ! Je la fumerai le jour de mes 90 ans. Quand je n’en aurai plus rien à foutre.
- Un balcon sur la mer à Patmos ou sur la côte amalfitaine.
- Ne serait-ce qu’une fois encore redire ‘’maman’’ et sentir son regard sur moi.
- Coucher avec…( vous ne le connaissez pas…)
- Oublier que je connais Venise pour la redécouvrir avec…(vous ne le connaissez pas…), un soir de printemps et descendre la Calle dei Fabbri pour déboucher au moment où les réverbères s’allument sur une Piazza san Marco qui ne serait peuplée que de pigeons.
- Une croisière sur le Nil où je n’aurais pas à descendre à terre sauf à Assouan pour regoûter à la sérénité d’une heure sur la terrasse de l’Old Cataract.
- Revivre cette journée de Mars 75 sur les rives du Congo sans changer une seconde ou une virgule de ce qu’il en advint.
- Cette soirée avec des amis dans ce gîte près de St Hyppolite du Fort, au milieu des vignes, où, de retour d’Orange où nous avions vu Rigoletto, Pierre nous avait préparé des poulets à la crapaudine sur un feu de bois dans la cheminée de la grande salle commune…
- La première nuit où je n’ai pas dormi seul ! Où je n’ai pas dormi du tout d’ailleurs…

Dix escaliers

J'aime, mais faut juste avoir la maison qui va avec...







 

Dix mots que vous ne connaissez peut être pas et que vous n'utiliserez probablement jamais...

Hypocoristique : des termes hypocoristiques sont par exemple les suffixes dits "diminutifs" (fillette), le redoublement (chien-chien, fifille), l'abrègement des prénoms (Mado, Alec), ou le choix de termes conventionnellement hypocoristiques (ex: mon chou).
Epectase : chez les chrétiens, tension et progrès de l’homme vers Dieu. Puis décès pendant l'orgasme. C'est en 1974, à la suite du décès chez une prostituée du cardinal Jean Daniélou, théoricien de l'épectase, que le Canard enchaîné donne à ce mot cette seconde signification.
Un cas connu d'épectase – dans ce second sens – est celui du président Félix Faure (1899), mort dans les bras de sa maitresse Marguerite Steinheil.
Prolégomènes : Longue introduction placée en tête d'un ouvrage, contenant les notions préliminaires nécessaires à sa compréhension.
Chape-chute : bonne aubaine due soit à la négligence, soit au malheur d'autrui.
Chryséléphantin : Qui est composée d'or et d'ivoire.
Evergétisme : Issu de l'expression grecque "qui veut le bien" ce mot désigne le fait de donner de l'argent pour la bonne cause. Les deux hommes les plus riches du monde, Bill Gates et Warren Buffett, en donnant 60 milliards de dollars pour la cause du tiers monde, font preuve d'"évergétisme".
Hubris : Orgueil exagéré, démesure. Selon Thucydide, la guerre du Péloponnèse fut créée parce que les Athéniens étaient tombés victimes de leur hubris.
Obduration : endurcissement, persévérance dans le mal.
Pantocrator : Christ représenté en majesté, par opposition au Christ souffrant sur la croix.
Girandole : Faisceau de plusieurs jets d'eau. Pyrotechnie : gerbe de fusées partant d'une roue tournant autour d'un axe vertical et donnant lieu au bouquet. Décoration : chandelier à plusieurs branches disposées en forme de pyramide, souvent orné de pendeloques de cristal.

Incipit n°6 Les carnets du major Thomson

Premiers mots d'un manuscrit, d'un ouvrage. d'un roman.
Si ces incipit vous rappellent des souvenirs, vous donnent envie d'y retourner ou d'aller plus loin c'est parfait.
Incipit n°6
Les carnets du major Thomson - Pierre Daninos
Un Anglais correct - si j'ose risquer ce pléonasme sans choquer mes honorables compatriotes - ne saurait, à moins de perdre du même coup toute dignité, parler de lui-même, surtout au début d'un récit. Mais, à l'instar des astronautes, qui, à partir d'une certaine distance, échappent aux obligations de la pesanteur, je ne me sens plus soumis - dès que je suis projeté sur le Continent - aux lois de la gravité britannique. Et, puisque je dois parler d'eux-mêmes à des gens auxquels je n'ai jamais été présenté, je me trouve plus libre de faire ce qui ne se fait pas, en donnant sur moi des précisions qui, de l'autre côté du Channel, paraîtraient déplacées.
Mon nom est Thompson.
William Marmaduke Thompson.