lundi 21 novembre 2016

Incipit n° 13 - Marcel Proust - Un amour de Swann

Premiers mots d'un manuscrit, d'un ouvrage. d'un roman.
Si ces incipit vous rappellent des souvenirs, vous donnent envie d'y retourner ou d'aller plus loin c'est parfait.
Incipit n°13
Je vous épargnerai l'éternel '' Longtemps je me suis couché de bonne heure...'' Voici donc l'incipit d''Un amour de Swann''.
Pour faire partie du « petit noyau », du « petit groupe »du « petit clan », des Verdurin, une condition était nécessaire : il fallait adhérer tacitement à un Credo dont un des articles était que le jeune pianiste, protégé par Mme Verdurin cette année là et dont elle disait : << Ça ne devrait pas être permis de jouer Wagner comme ça ! », « enfonçait » à la fois Planté et Rubinstein et que le docteur Pottard avait plus de diagnostic que Potain. Toute « nouvelle recrue » à qui les Verdurin ne pouvaient pas persuader que les soirées des gens qui n'allaient pas chez eux étaient ennuyeuses comme la pluie, se voyait immédiatement exclue ! Les femmes étant à cet égard plus rebelles que les hommes à déposer toute curiosité mondaine et l'envie de se renseigner par soi-même sur l'agrément des autres salons, et les Verdurin sentant d'autre part que cet esprit d'examen et ce démon de frivolité pouvaient par contagion devenir fatal à l'orthodoxie de la petite église, ils avaient été amenés à rejeter successivement tous les « fidèles » du sexe féminin.

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